La poésie, "Inhérente à la vie, son essence même"

Damien Magne - 21.01.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - éditeur 100 % numérique - La matière noire - interview


À l'heure où les querelles sur le livre numérique se résument uniquement à des batailles de chiffres et à l'adoration – presque le fétichisme — pour le papier, personne ou presque ne se penche sur le cœur du débat : la création littéraire. Bien sûr, il ne faut pas minimiser la part conséquente des publications scientifiques, scolaires, professionnelles ou encore techniques, mais lorsque nous parlons de livre, nous parlons beaucoup de littérature. 

 

 


 

 

Avec l'émergence de machines, de logiciels et d'applications, le livre numérique a acquis une facilité d'usage et de diffusion qui a mis de nombreuses années à se mettre en place. Il ne faut pas non plus omettre le puissant lobbying des professionnels « historiques » du livre auprès des pouvoirs publics, des élus, des lecteurs qui perdure actuellement.

 

Cela n'a pourtant pas empêché certains de se lancer dans la création de maisons d'édition pure player, c'est-à-dire 100 % numérique. L'un d'entre eux s'est engagé dans l'aventure avec une conviction et une détermination à l'épreuve de toutes les difficultés jalonnant le parcours d'un créateur d'entreprise. 

 

Amoureux de la poésie et des lettres, et convaincu d'un renouveau littéraire, Victorien Duval a fondé la maison d'édition La matière noire en 2013. Avec une vingtaine d'ouvrages à ce jour et une ligne éditoriale qui défrise, il propose un catalogue d'auteurs sortis des sentiers battus, des torpilleurs pour certains, de savants souffleurs de mots pour d'autres.

 

En allant à sa rencontre, j'avais la conviction que j'entrais dans un espace magique redonnant à la littérature son punch, sa créativité tous azimuts et des perspectives nouvelles à l'instar des grandes décennies de création du XXe siècle. On pense à la Beat Génération, l'Internationale situationniste ou encore la Nouvelle Vague du Polar et tout autre mouvement littéraire qui défraya la chronique et secoua les lignes traditionnelles. 

 

Bien sûr, l'époque a changé, l'individualisme et les réseaux dits « sociaux » sont passés par là avec son lot de médiocres écrivains autocentrés à l'imagination peu débordante. Mais lorsqu'on cherche une pépite, c'est généralement dans un lit de gravier…

 

Et c'est ce travail que le fondateur de La matière noire a décidé de mener avec une énergie et un sérieux que nombre d'éditeurs « traditionnels » peuvent lui envier. En laissant la parole à un acteur dynamique de la littérature, je souhaite rappeler que la lecture est avant tout une affaire de contenu et non de contenant et les convaincre qu'une œuvre, qu'elle soit publiée sur un support papier, numérique, gravée sur une planche de bois ou rédigée au marqueur sur un drap blanc, reste une œuvre et parfois même, un chef d'œuvre. 

 

Toute l'interview est à retrouver à cette adresse