La police londonienne s'attaque aux ebooks pirates

Julien Helmlinger - 22.09.2014

Lecture numérique - Usages - Lutte contre la contrefaçon - Piratage - Droit d'auteur


Au cours du mois de septembre dernier au Royaume-Uni, avait été annoncée une nouvelle brigade de répression spécialisée dans la chasse aux adresses IP impliquées dans le piratage d'œuvres intellectuelles. Partie intégrante de la police londonienne, initiative soutenue dès son origine par la Publishers Association, la Police Intellectual Property Crime Unit (PIPCU) a depuis fait son chemin, aux dépens de sites de partage illicite de vidéos comme de musique. Désormais, OnRead et la lecture numérique frauduleuse se retrouvent dans son collimateur.

 

 

La ministre de la Propriété intellectuelle en visite au PIPCU

City of London Police 

 

 

En un an à peine, la brigade s'est forgé une réputation de groupe parmi les plus hargneux de la lutte anti-piratage dans le Royaume. Richard Mollet, président de la Publishers Association, doit être ravi. Lui qui avait applaudi l'Intellectual Property Office pour avoir financé cette mesure, à un moment où l'on se demandait si l'objectif de cette police était bien de défendre les ayant droits du monde du livre. La police londonienne confirme travailler effectivement en collaboration étroite avec la Publishers Association.

 

Le PIPCU, de son petit acronyme, avec des partenaires comme la Federation Against Copyright Theft (cinéma et TV) ou encore le BPI (musique), est d'ores et déjà impliqué dans la fermeture de dizaines de domaines ainsi que de l'arrestation de plusieurs personnes outre-Manche. Plus dernièrement, les usagers du site OnRead ont également commencé à recevoir leurs premières sommations.

 

Ceux-ci auront pu découvrir parmi leurs mails le message :

You have tried to access a website that is under criminal investigation by the UK Police Intellectual Property Crime Unit (PIPCU). This site is being investigated for online copyright infringement.

Rien ne sert de courir en ces cas-là, et l'équipe de OnReads ne doit pas l'ignorer. Tandis que son compte Twitter avait coutume d'annoncer quotidiennement des œuvres littéraires ajoutées à son catalogue, celui-ci serait muet depuis le début du mois de septembre, selon TorrentFreak. Bientôt la fin du service ?

 

Pour ce qui concerne OnRead, si le site manquait visiblement d'une légitimité valable au Royaume-Uni, une de ses pages revendique toutefois sa conformité avec la Russian Organization for Multimedia and Digital Systems (ROMS). Il est toutefois précisé : dans le cadre d'un usage privé des fichiers hébergés sur la plateforme, et en fonction du territoire sur lequel se situe le consommateur.

 

Une légitimisation similaire avait été tentée par une autre plateforme, AllofMP3, en 2006, mais le site était mort dès l'année suivante. 

 

D'après la page Google des sources de signalement des demandes de suppression de contenu pour atteinte aux droits d'auteur, la Publishers Association aurait signalé 1 402 551 URL depuis le 7 mars 2011.