'La qualité des fichiers, un impératif pour satisfaire l'acheteur' (Google)

Clément Solym - 25.08.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - martinière - google - numeriser


L'annonce d'un partenariat entre Google Books et le groupe La Martinière amorce une nouvelle ère dans l'édition française. Si en soi, l'accord ne diffère pas vraiment de celui passé avec Hachette, il marque la fin de la bataille juridique dans laquelle s'était engagé le groupe en 2006.

C'est « un mouvement constructif », assure Philippe Colombet, à l'occasion d'une call-conférence organisée par Google. Le responsable du programme Google livres souligne d'ailleurs toute l'importance de cet accord, en ce qu'il améliore « les relations du moteur de recherche à l'égard des éditeurs », mais également parce qu'il « concrétise les efforts pour rendre accessibles des oeuvres du XXe siècle ». (voir notre actualitté)

France, terre de problématiques

Plus concrètement, il faut noter qu'avec cette signature, c'est un progrès gigantesque fait par Google Books, qui se retrouve maintenant dans une position bien plus confortable en France que partout dans le monde. « Il est vrai que la France est un pays qui pour Google a posé plusieurs questions et de multiples problématiques », confirmant l'analyse.


Un catalogue encore à établir

Les ouvrages non disponibles à la vente en version neuve seront donc numérisés par Google, après établissement d'un catalogue par les éditions La Martinière. Pour l'heure, le nombre d'ouvrages concernés n'est pas dévoilé, et il reste évidemment à dresser la liste, avec les équipes de la maison d'édition. « Le catalogue reste encore à travailler [...] et nous n'en sommes qu'au début du processus », souligne-t-on.

L'éditeur aura, par ce biais, la possibilité de commercialiser ses oeuvres directement dans l'ebookstore de Google, Google Ebooks, dès que celui-ci sera ouvert en France. Un déploiement pour l'international « prévu pour bientôt », précise Philippe Colombet, sans en dire plus.

Vers le déploiement d'une offre ebook

Évidemment, avec la signature de cet accord, c'est une ouverture proclamée pour de nouvelles discussions avec d'autres éditeurs. « Les voies ouvertes par l'accord passé voilà quelques mois [NdR : avec Hachette, en décembre 2010] nous ont largement aidés à définir les conditions de discussions. Mais nous avons bien sûr la volonté d'aller au-delà de deux maisons d'édition », poursuit Philippe Colombet.

« Nous croyons au développement du livre numérique en France, et la plateforme de vente est très largement ouverte, offrant donc la possibilité d'agrandir le marché. »

Pour l'heure, la version US de l'ebookstore compte 7000 éditeurs, avec 3 millions de livres numériques gratuits, et « plusieurs centaines de milliers d'ouvrages commercialisés », ajoute-t-il. La version française de l'ebookstore arrivera, elle, « bientôt », mais il faudra patienter encore pour découvrir à quelle date.

La qualité prime

Concernant la numérisation elle-même, Google nous précise que dans le cadre des accords avec les bibliothèques, comme avec les éditeurs, un effort particulier est porté sur l'amélioration des fichiers produits. « Nous avons des partenariats avec 40 établissements, dont huit en Europe », rappelle Philippe Colombet. « La volonté de perfectionnement de nos fichiers est permanente. En fait, c'est un impératif, que l'acheteur soit satisfait du livre qu'il achète ou télécharge gratuitement. »

En suspends...

Reste que plusieurs questions sont encore en attente de réponse. Nous avons contacté les éditions La Martinière pour évoquer différents points. Ainsi, dans le cadre de l'accord passé entre Google et Hachette Livre, l'éditeur a évoqué la possibilité de transmettre à la BnF les fichiers numérisés. Qu'en sera-t-il pour La Martinière, pour l'instant mystère ?

Plus largement se pose la question de la visibilité des oeuvres indisponibles dans les bibliothèques numériques, un autre enjeu dans la démocratisation des usages, et du regard porté sur le livre numérique. Enfin, l'établissement du catalogue évidemment reste à faire. Si l'éditeur fournit, comme pour Hachette, la liste des oeuvres à numériser, leur nombre n'est toujours pas défini.

Pour l'heure, il faut simplement savourer la fin de la procédure intentée par La Martinière, remontant à 2006, qui reposait sur la numérisation sans autorisation d'oeuvres sous droit. Le TGI avait alors condamné Google à 300.000 € de dommages-intérêts ; une sanction dont le moteur de recherche avait fait appel.

Et pour la suite ?


Il faut se souvenir qu'en parallèle de la plainte déposée par La Martinière, une autre avait eu lieu, réunissant Flammarion, Gallimard et Albin Michel, soutenus tous trois par le Syndicat national de l'édition. Lors de l'annonce de l'accord entre Google et Hachette, le SNE avait pris acte de l'accord, mais souligné qu'il ne changeait absolument rien au procès intenté. (voir notre actualitté)

En mai dernier, les éditeurs avaient même réclamé 1000 € par ouvrage abusivement numérisé - 9797 en tout. Une somme qui était indexée sur les dommages-intérêts accordés par le TGI à La Martinière, alors prix en exemple dans la lutte juridique contre la numérisation abusive. (voir notre actualitté)

La question reste de savoir si les éditeurs, avec cette nouvelle, poursuivront dans une coûteuse voie juridique, ou si les plaintes tomberont, avec la signature d'accords similaire. Les paris sont lancés, sur la prochaine maison qui s'engagera dans cette voie...



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