La rentrée Kindle d'Amazon : des produits certes, l'innovation moins

Clément Solym - 07.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Kindle Fire - Kindle Paperwhite


Le site de e-commerce est sur tous les fronts : considéré comme un modèle d'expansion réussie, y compris par ses pairs français, (voir notre actualitté) Amazon dédouble son plan de communication. Outre-Atlantique, le lecteur ebook devient Paperwhite et le Fire HD, tandis qu'en France, la gamme Kindle Fire arrive directement dotée des mêmes caractéristiques que ses cousins américains.

 

Amazon faisait monter la pression depuis quelques mois, avec une méthode de teasing (un mélange entre dissimulation et fuites d'informations - plus ou moins contrôlées) dans laquelle il est passé maître, devant Apple. Ainsi, profitant d'un match de football US la veille de la grande conférence pour présenter les nouveaux produits de la rentrée, Amazon balançait dans une publicité un aperçu de sa nouvelle gamme Kindle.

 

 

 

 

Fire HD : chacun sa mafia, chacun sa mifa

 

L'ennemi déclaré d'Amazon est bien évidemment Apple et son iPad : conforté par la victoire qu'il vient de remporter sur ce dernier grâce aux tribunaux américains, (voir notre actualitté) le site de e-commerce entend bien poursuivre sur la même lancée. C'est donc un Jeff Bezos rayonnant qui a présenté la nouvelle gamme de Kindle Fire, la tablette d'Amazon aux ventes jusqu'à présent en demie-teinte. 

 

Cette extension de la « famille Kindle Fire » commence avec une mise à jour qui propulse la tablette en mode HD : écran 8,9 pouces, définition de 1920 x 1200 pixels et résolution de 254 ppi. L'écran Retina du dernier iPad n'est pas enfoncé : 2048 x 1536 pixels, la différence est nette. Mais ce n'est pas tellement sur les caractéristiques techniques qu'Amazon capitalise : pour le modèle 16 Go WiFi, comptez 299 $, soit... 200 $ de moins que le Retina ! Une différence qui se creuse encore pour le modèle 4G 32 Go, 499 $ contre 729 $ pour l'équivalent Apple.

 

Ce Kindle Fire HD, mais low-cost, est également décliné en version 7 pouces (1280 x 800 pixels), avec un processeur légèrement moins puissant. Et le petit dernier de la famille Kindle, à savoir le basique proposé aux États-Unis depuis belle lurette, est également mis à jour avec la greffe d'un processeur double-coeurs, histoire d'améliorer sensiblement ses performances. Sa résolution plafonne toutefois à 1024 x 600 pixels.

 

Devenu le produit-phare du site, le Kindle Fire donne droit à un mois gratuit d'Amazon Prime, le programme de fidélité du site qui permet de bénéficier de la livraison gratuite, de films et programmes TV en streaming et, surtout, de la Kindle Owner's Lending Library, qui offre l'accès à de nombreux livres numériques...

 

 

 

 

Paperwhite : vierge de tous défauts ?

 

Jeff Bezos, PDG du site de e-commerce, a réservé une place d'honneur à la lecture numérique dans sa conférence de presse : un  tout nouveau Kindle, le Paperwhite, a ainsi été présenté. Doté d'un écran rétroéclairé pour proposer les fonctionnalités en vigueur sur le marché, (le Nook s'illumine depuis le mois d'avril, voir notre actualitté) il gagne également en netteté et contraste, grâce à un nouvel écran eInk doublé d'améliorations logicielles, pour un résultat plus blanc que blanc.

 

L'écran du Paperwhite est tactile, et remplace donc dans la gamme le Kindle Touch, qui disparaît de la vitrine d'Amazon. L'offre en lecteur ebook se limite ainsi à 3 modèles : le Paperwhite, disponible en version WiFi ou 3G (respectivement 139 et 199 $) et le Kindle de base qu'Amazon a conservé en baissant son prix (89 $), probablement pour convaincre les réticents des appareils multifonctions ou des technologies onéreuses.

 

À noter que pour tous ces produits, Amazon propose deux formules, uniquement aux États-Unis : il est possible de choisir un appareil vendu chargé de publicités et d'écrans de veille bardés de logo, pour un tarif légèrement moindre (de l'ordre de 20 $).

 

 

Hey, la France, on t'a pas oublié !

 

Le détail majeur de cette présentation des deux nouvelles « familles », outre les caractéristiques techniques, est celui de la disponibilité : si le Paperwhite reste pour une durée indéterminée l'apanage des États-Unis, le Kindle Fire HD débarque sur les rivages français à partir du 25 octobre prochain. Le marché des tablettes tactiles semble assez développé pour qu'Amazon se risque à la commercialisation de masse, sans test préalable outre-Atlantique.

 

À l'inverse, du côté des lecteurs ebook, il semblerait que Kindle de base et Kindle Touch n'aient pas suffisamment convaincu pour... être remplacés. L'absence de lecteur ebook rétroéclairé sur le marché français justifiait en partie le choix d'Amazon, du moins jusqu'à hier, avec l'apparition du Kobo Glo toujours distribué par la Fnac. (voir notre actualitté)

 

Une nouvelle fois, c'est sur les prix qu'Amazon entend marquer sa différence : 159 € pour le Kindle Fire de base, 199 € pour le Kindle Fire HD 16 Go et 249 € pour la version 32 Go. Encore une fois, Apple fait figure de marque réservé à une élite aux poches bien garnies, tandis que la Nexus 7 elle-même est enfoncée : pour les mêmes tarifs, elle n'offre que la moitié en espace de stockage.

 

Outre ce lancement simultané des deux côtés de l'Atlantique, on retrouve donc ce qui fait Amazon : un plan de communication sybillin, mais ultraefficace, une offre technologique acceptable sans jamais être innovante et surtout des prix que lui seul a l'audace de proposer.