La rentrée littéraire prend des allures numériques

Clément Solym - 27.08.2012

Lecture numérique - Usages - Rentrée littéraire - France - Lecture numérique


La rentrée littéraire 2012 se fera sous le signe du numérique, selon Les Echos. Le marché de l'ebook est définitivement en plein essor, même si la tendance en terres francophones reste plus mitigée qu'aux États-Unis. La plupart des éditeurs traditionnels feront ainsi généralement cohabiter les versions imprimées et dématérialisées des ouvrages publiés. Mais même avec un nombre record de livres numérisés, les oeuvres de papiers continueront de représenter la majeure partie des ventes.

 

 

 

 

Les Français se sont équipés en lecteurs de livres numériques, suite à la démocratisation des appareils destinés au grand public. Selon l'institut GfK, il se serait vendu un million de tablettes au cours du premier semestre.

 

Le taux d'équipement a augmenté

 

L'étude en prévoit 3 millions pour l'année 2012, des résultats doublés par rapport à ceux de l'an dernier. Selon Michael Dahan, directeur général de Bookeen : « Aujourd'hui, de 80.000 à 100.000 Français sont équipés en liseuses, soit le double ou le triple de l'an dernier ». Il est contredit par Éric Marbeau, responsable de la diffusion numérique chez Gallimard, qui avance quant à lui un nombre de 150.000. Marbeau a pointé toutefois : « Moins de 2 % de la population sont équipés en liseuses en France contre 25 % aux Etats-Unis. »

 

Les techniques de numérisation se perfectionnent. Les avancées se situent notamment dans la retranscription d'illustrations ou la création de contenu ludique et interactive. Alexis Esmenard directeur du développement numérique chez Albin Miche a dit : « Nous avons intégré la conception numérique dans notre processus de production. Nous la pensons désormais avec nos auteurs. »

 

Ces tendances ont contribué pour une bonne part au rapprochement entre auteurs et éditeurs. Par ailleurs, la législation entrée en vigueur en novembre dernier et fixant le prix unique du livre numérique a rassuré les éditeurs qui craignaient des abus sur le marché. Il y a toutefois un paradoxe récurrent dans la fixation des prix des ebooks en comparaison à leurs versions en format de poche imprimé, ce qui semble avoir fait du tort au développement du secteur en France.

 

Fin 2011, l'Idate annonçait que l'ebook allait représenter 13 % des ventes en volume et 7 % en valeur d'ici 2015. L'institut GfK a estimé que plus d'un million de livres numériques se sont écoulés sur le marché en 2011, pour une valeur de 12 millions d'euros.

 

On fait chauffer les serveurs

 

Le responsable du contenu Kindle sur le site internet d'Amazon, Marie-Pierre Sangouard, a déclaré : « Nous préparons notre première rentrée littéraire. C'est la première fois que nous sommes vraiment intégrés dans le processus par les éditeurs, au même titre que les libraires. Aujourd'hui, les éditeurs pensent numérique. » Michael Dahan a ajouté : « Les éditeurs ont désormais une vraie stratégie commerciale sur le numérique et cela s'est intensifié depuis mars ».

 

Le site internet Chapitre.com prévoit une hausse de ses ventes de 20 % à l'occasion de la rentrée littéraire, et Gallimard édite toutes ses nouveautés en format dématérialisé. Le premier roman d'Aurélien Bellanger, La Théorie de l'Information, traite du monde à l'ère numérique et s'est d'ores et déjà classé dans le top10 des ventes sur iBooks. Eric Marbeau commente : « Ces bonnes ventes sont notamment dues à la possibilité de précommander les livres sur plusieurs plates-formes, ce qui n'était possible l'année dernière que sur iTunes. »

 

Anselme Loubier, consultant de l'institut d'études GfK, a annoncé confiant : « Nous sentons qu'en 2012 le marché français du livre numérique est prêt à prendre son envol. »

 

Si l'offre légale augmente, le livre numérique n'est pas encore devenu un outil marketing pleinement exploité. Ainsi, nous avions découvert que la compilation d'extraits, gratuitement proposés sur les plateformes connues, est encore peu en vogue chez les éditeurs. Seuls quelques rares innovent dans ce sens, chez les éditeurs traditionnels. (voir notre actualitté) Les éditeurs pure-players, de leur côté, ont largement utilisé la consultation d'extraits pour attirer les lecteurs. 

  

Quant au prix de vente des livres numériques, il n'a pas vraiment évolué, dans son ensemble : toujours très élevé.