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La Révolution française, sujet politique censuré : trop sensible pour Facebook

Clément Solym - 20.12.2019

Lecture numérique - Acteurs numériques - Facebook histoire politique - Laure Junot Abrantès - Napoléon Bonaparte


Les empereurs byzantins posent-ils problème à Facebook ? La Maison Comnène — qui se prétendait issue des Constantin — régna sur Constantinople, entre 1057 et 1185. Laure Junot d’Abrantès ([1784-1838] se revendiquait comme issue de cette lignée impériale, et manifestement, ces origines dérangent le réseau social.


Pas d'omelette sans oeufs cassés - pixabay licence
 

Les éditions Livres anciens proposent des ouvrages souvent extraordinaires : les mémoires de Laure Junot d’Abrantès, en 18 tomes, en font partie. Cette dame, fut épouse « du gouverneur de Paris, elle favorise les efforts du premier Consul pour rapprocher l’ancienne et la nouvelle société en les faisant se rencontrer dans son célèbre salon ».

Elle se vantait également d’avoir été parmi les mieux renseignées sur Napoléon Bonaparte, ayant traversé l’époque – Révolution, Directoire, Consulat, Restauration, des termes éminemment politiques, la chose a son intérêt… Ses souvenirs furent mis en livre en 1831, et couvrent en effet, indique l’éditeur, « une importante période. Il faudra, malgré tout, garder une certaine prudence quant à la véracité de quelques passages, car la duchesse d’Abrantès avait parfois une imagination débordante ».

Au pire, donc, 18 tomes avec un débordement de la fiction sur la réalité, à une époque où les fake news/infox étaient difficilement contre-attaquées. 
 

Mémoire, mes Moires


À retracer la vie de cette femme, on se rend compte qu’elle fut proche du pouvoir politique — et comme souvent, l’éditeur a souhaité sponsoriser un post pour promouvoir la mise en vente de ses ouvrages. Or, depuis fin novembre, début décembre, les règles ont changé en matière publicitaire, sur certains réseaux — mais pas Facebook, Mark Zuckerberg assumait pleinement sa décision de maintenir la diffusion d’infos erronées ou faussées.

Or, nous écrit l’éditeur : « Facebook vient de rejeter ma demande de boost d’une publicité pour le motif suivant : pour diffuser des publicités portant sur un enjeu social, électoral ou politique, les personnes doivent se soumettre à la confirmation de leur identité. » 

Mais alors de quelle identité parle-t-on ? Celle de la duchesse d’Abrantès, celle de l’éditeur, celle de sa société ? « Pour faire de la publicité avec un message politique je dois fournir ma copie de carte d'identité et mon adresse... », se lamente Frédéric Douin, gérant de l'entreprise. D’autant que sa structure avait déjà eu maille à partir avec Facebook, qui avait censuré une de ses promotions pour un morceau de pixel ressemblant vaguement à un sein — ou l’inverse…



 
Et à prendre connaissance de la publicité en question, on se demande bien ce qui pouvait passer par la tête des algorithmes, qui l’ont refusée… Rappelons pour la petite histoire que Laure d’Abrantès entreprit une carrière littéraire avec l’aide d’un petit jeune, un certain Honoré de Balzac, alors totalement méconnu du public et du milieu. 

Aurait-il tiré de cette anecdote numérique une historiette ? L’appeau de chagrin, par exemple ?


Commentaires
Quand l'algorythme se prend les pieds dans le tapis... Je partage, sur Facebook bien sûr.
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