La seconde vie du livre : la version numérique offerte

Nicolas Gary - 23.05.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - version numérique - livre papier - offre promotionnelle


Depuis Vancouver, la société BitLit vient d'achever un tour de financement, mené par l'ancien grand patron de Kobo, Michael Serbinis. La firme veut aider les éditeurs à proposer une solution couplée ebook et livre imprimé. Le fonds d'investissement Three Angels Capital, dont Serbinis fait partie, compte parmi les nouveaux actionnaires. Le projet est simple : profiter du livre numérique, après avoir acheté la version papier. 

 

 


 

 

« Alors que les livres basculent vers le numérique, il est clair que les gens continuent d'apprécier la lecture sur papier. Avec BitLit, on profite de la commodité de l'ebook, avec le confort de lecture de la version papier chez soi - un avantage énorme pour les amateurs de livres », certifie Serbinis. Et Peter Hudson, cofondateur et CEO de la société ne peut que se réjouir de la confiance que viennent de lui accorder les investisseurs. 

 

L'application iOS ou Android de BitLit est gratuite. Il suffit de se la procurer, pour ensuite faire parvenir un message au service. Il s'agit de prendre une photo avec leur nom écrit au stylo sur la page du copyright de l'oeuvre. Déjà 85 maisons d'édition ont accepté de participer à ce projet, pour un catalogue de 10.000 titres - bien entendu, aucun des grands éditeurs américains n'a encore pris part à l'aventure. 

 

Pour l'heure, près de 30 % des livres numériques du bundle sont gratuits, dès lors que l'on a acheté la version papier. Et pour compléter la demande, il faudra également faire parvenir une couverture du livre photographiée. La solution devrait être suffisamment sécurisée pour éviter toute fraude, promet BitLit. Une fois les attestations reçues, le livre est envoyé, via un lien, par email. Si l'ouvrage n'est pas gracieusement proposé, un code d'achat avec un prix réduit sera envoyé au client. 

 

Si le montant de la levée de fonds n'a pas été révélé, on parle d'un montant compris entre 500 et 750.000 $. Peter Hudson assure que les éditeurs contactés sont particulièrement intéressés par la solution. Elle présenterait un avantage majeur pour les librairies, confrontées au développement du showrooming. Les clients viennent en effet dans les établissements se faire conseiller, et finalement, repartent avec une liste de lectures qu'ils s'empressent d'acheter en numérique - ou en papier, mais avec des offres tarifaires particulièrement basses. 

 

« Cette idée devient intéressante, parce que la valeur d'un livre d'occasion augmente : il représente en effet une réduction potentielle sur une version numérique, et éditeurs, comme auteurs, sont en mesure de concrétiser une partie de cette augmentation de la valeur, avec la vente de la version numérique », ajoute Hudson. Étant donné que les recommandations interviennent principalement de en suivant les conseils de lecture d'amis, l'achat en librairie serait privilégié. 

 

Il faudra accepter de se dédicacer son propre livre, dans tous les cas. Pas certain que ce soit trop contraignant. 

 

Rappelons, à toutes fins utiles, qu'Amazon a lancé son propre service MatchBook, en octobre 2013, permettant, pour tout livre papier acheté dans les étals du cybermarchand, de proposer aux clients une version numérique vendue entre 99 cents et 2,99 $. Au moment de la présentation, 70.000 livres faisaient partie de l'offre, assurait le vendeur, mais on en dénombre aujourd'hui seulement 63.950.