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L'implication des éditeurs dans le registre ReLIRE

Nicolas Gary - 31.01.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - registre ReLIRE - société de projet - Cercle de la librairie


La Sofia organisait hier soir une soirée de présentation à la Maison de la poésie, autour de la numérisation des oeuvres indisponibles. De nombreux points ont été abordés au cours de cette conférence, mais nous allons revenir sur l'intervention de la Société de projet qui aura la responsabilité de coordonner l'ensemble du projet ReLIRE. C'est également, a pu expliquer Régis Habert, chargé de mission livres indisponibles du XXe siècle, pour le Cercle de la librairie, le symbole de l'implication des éditeurs dans le projet.

 

 

 

 

Nous en avons parlé à plusieurs reprises, c'est le Cercle de la librairie qui est responsable de la Société de projet, et « pilote le projet pour le compte des éditeurs ». Le Cercle de la librairie, est un syndicat patronal tourné autour des industries du livre, avec deux filiales : la première est une société immobilière, gérant des actifs immobilier. La seconde, Electre SA, réunit la base de données Electre, la revue Livres Hebdo et une maison d'édition, Les Editions du Cercle de la Librairie. 

 

La Société de Projet sera une société commerciale, dont le capital sera à 100 % détenu par le Cercle de la librairie, et « entièrement dédiée au projet des livres indisponibles ». Sans que l'on puisse connaître les données financières précises, qui n'ont pas été dévoilées, le financement de la numérisation sera opéré de la manière suivante : 

• L'emprunt (Investissements d'Avenir)

• Les fonds propres apportés par le Cercle

• Les subventions éventuelles

• L'autofinancement de l'activité de vente des livres

 

Selon nos informations, non confirmées à l'occasion de cette soirée, le montant de l'opération de la numérisation serait estimé à 30 millions € pour le passage de 230.000 oeuvres sous les scanners. Reste que de nombreux points sont encore à éclaircir. L'autofinancement, précisera Régis Habert, reste une réelle perspective, l'objectif étant « de vendre des livres ».

 

L'agenda de la création de cette structure et de son démarrage suivra le planning suivant :  

• Création premier trimestre 2014

• Finalisation du financement (prêt de la CDC dans le cadre des Investissements d'Avenir) au mois de juin 2014

• Premier trimestre 2014, lancement des consultations pour :

• Choix de la plateforme technique (opérationnelle à la fin de l'été 2014)

• Choix du ou des partenaires techniques pour les opérations de numérisation (prêts à numériser dès septembre 2014)

• Objectif fin 2014 : 15 000 fichiers disponibles

• Début des ventes : janvier 2015

• Objectif fin 2015 : environ 35 000 fichiers disponibles

 

 

La Société de projet sera un acteur « essentiel du processus dans sa phase d'exploitation des livres numériques ». Ainsi, « la SDP acquiert ses droits de commercialisation »

• Indirectement / éditeurs (contrat)

• Directement / licence SOFIA (statut d'éditeur)

 

Ses trois fonctions premières sont Numériser, Diffuser et Distribuer. Nous en reproduisons ici l'entière présentation, dans un objectif de clarté : 

 

Le projet de numérisation : 

  • Première phase de numérisation de 200,000 livres
  • Livres tirés du dépôt légal de la BnF
  • Période de numérisation de 9 ans pour la SDP
  • Numérisation homothétique à la version papier
  • Deux formats cibles :
    • ePub pour les documents textes (littérature, essais, …) – qualité éditoriale (OCR à 99,999%) Format prioritaire pour la SDP
    • PDF pour les documents à mise en page structurée avec couche texte cachée (OCR à 99,50 %)
  • Respect des normes de qualité publiées par la SOFIA dans les licences d'exploitation
  • Amélioration des métadonnées (permettra de créer des sous-corpus, des bouquets et de faciliter les recherches dans le catalogue)

 

La diffusion des livres numériques :

  • La SDP n'a pas pour vocation de vendre directement au public les livres numériques du projet des OI
  • Les ventes seront réalisées par le réseau de libraires susceptibles de vendre des fichiers numériques (France et Export)
  • Remise libraire conforme aux pratiques du marché 
  • Volonté de la SDP d'ouvrir le marché à un maximum de libraires
  • Les ventes aux bibliothèques et aux lieux publics de lecture sont prévues par l'intermédiaire des libraires
  • Présence des ouvrages sur Gallica (BnF) pour présentation du catalogue et feuilletage des ouvrages (nombre de pages limité)
  • En fin de cycle (lorsque les ouvrages tombent dans le domaine public), versement des livres numériques à la BnF

 

La distribution des livres numériques :

  • Stockage sécurisé des fichiers après numérisation et enrichissement des métadonnées (entrepôt numérique)
  • Création d'une plateforme de distribution des livres numériques vers les libraires électroniques en collaboration avec un partenaire technique établi (consultation)
  • Politique de prix :
  • Propre à la SDP (licence non exclusive) qui se comporte comme un éditeur
  • Gérée par les éditeurs (licence éditeur exclusive) qui confient la diffusion/distribution de leurs ouvrages à la SDP
  • Vente des fichiers à l'acte à destination de tous les publics et possibilité d'abonnements (bouquets) pour les bibliothèques
  • Système de remontée d'information détaillées vers la SOFIA pour le calcul et le paiement des droits aux auteurs et le cas échéant aux éditeurs

 

Enfin, la liste complète des services proposés par la SDP, se divise en deux approches : 

 

Aux lecteurs :

• Accès au catalogue complet via :

Les libraires électroniques 

Les bibliothèques 

+  Présentation sur Gallica

• Lecture de l'ensemble des titres du catalogue sur toutes les liseuses et tablettes ainsi que sur les principaux Smartphones (livres disponibles dans les principaux formats du marché)

• Disponibilité d'environ 25 000 titres supplémentaires chaque année à partir de 2015

Au total, disponibilité de 200 000 livres numériques en 2022

  

Aux éditeurs :

• Proposition d'un contrat d'exploitation (numérisation, de diffusion et de distribution) aux éditeurs d'origine ayant souscrit une licence exclusive avec la SOFIA

• Respect de la politique de diffusion de chaque éditeur

• Publication du catalogue pour chaque éditeur (rythme, priorités, format cible de numérisation et tarifs - PPHT) en collaboration avec la SDP

• Droits d'exploitation reversés par la SDP sur le CA

• Fourniture de statistiques de ventes détaillées pour information de l'éditeur et transmission à la • SOFIA (calcul et le versement des droits aux auteurs)

• Sécurisation des opérations de distribution via la plateforme

 

Nous reviendrons en détail sur quelques-uns de ces éléments, qui ont fait réagir la salle.