La traque aux DRM est ouverte : osez, éditeurs, osez

Clément Solym - 06.06.2012

Lecture numérique - Usages - DRM - IGP - éditeurs


Le distributeur IGP a fait la Une récemment, dans le combat qui l'opposait à Amazon. Le revendeur avait décidé de supprimer de son catalogue les titres numériques des éditeurs distribués par IGP. Et finalement, après une période d'affrontements sévères, IGP est parvenu à revenir sur les tables du marchand.

 

Et pour contrer toute nouvelle tentative de la part du marchand de Seattle, IGP, société basée à Chicago, vient de décider d'offrir à ses 400 éditeurs, la possibilité de commercialiser leurs livres numériques sans DRM. C'est que, voir disparaître du jour au lendemain quelque 5000 titres du Kindle Store, en toute impuissance, IGP souhaite prendre les devants. 

 

Personne, ni d'un côté, ni de l'autre, n'avait commenté le retour des ebooks dans le circuit, mais le président de la société, Marc Suchomel, avait assuré à ses clients, dans une lettre que tout serait fait pour donner aux éditeurs les appuis nécessaires pour avancer. Et avancer contre vents et marées si besoin est. 

 

 

 

 

Dans un communiqué, Suchomel explique que la décision de vendre des livres numériques découle d'une décision que seul l'éditeur peut prendre. « Comme nos clients manifestaient un certain intérêt, nous avons senti que IGP pourrait leur offrir un excellent service en leur proposant une telle option. » 

 

Option de vente sans DRM, qui permettrait d'acheter un ouvrage sur la plateforme Kindle, et de le modifier, sans enfreindre la moindre législation sur la protection du copyright, pour le lire sur un tout autre appareil que le Kindle. Habile et rusé renard…

 

La décision est intéressante, alors qu'hier, nous apprenions que l'éditeur Tor/Forge, filiale de Macmillan confirmait non seulement sa décision de déverrouiller tout son catalogue, mais également de lancer une librairie en ligne qui ne vendrait que des livres sans DRM - ceux de l'éditeur ou d'autres maisons. 

 

Cory Doctorow, présent au cours de cette conférence, assurait que la présence d'un DRM fait qu'en « achetant un livre, vous le lirez seulement sur un certain type d'écran ou sur une plateforme précise. Et n'oublions pas que les DRM ne peuvent pas empêcher le piratage ». Chacun devient juge en son âme et conscience de la pertinence commerciale de ces petits gadgets. (voir notre actualitté)

 

Finalement, cette coïncidence des annonces est bonne pour le secteur. Tout ce qui lutte contre les DRM est bon à prendre.