Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La typographie pourrait sauver le Web, et les finances américaines

Antoine Oury - 02.04.2014

Lecture numérique - Usages - typographie - police - Web


En matière de lecture, on ne badine pas avec la typographie : même si elle est peu considérée, c'est surtout cet élément qui détermine le confort de lecture, avec la mise en page du texte. Une étudiante américaine a compilé les différentes recherches sur le sujet pour déterminer quelle est la plus appropriée pour le Web, tandis qu'un autre étudiant, lui, s'est penché sur son impact économique... 

 

 

Composition d'une affiche

La typographie, c'est marquant (Frédéric BISSON, CC BY 2.0)

 

  

Quelques années de lecture sur le Web auront aussi permis de tirer ces conclusions, mais le travail de compilation de Joanie Ritchie souligne que la police Verdana (celle-ci, donc) serait la plus lisible des polices sur écran. Par ailleurs, mais cela ne surprendra pas grand-monde, l'usage de l'italique réduira la lisibilité de l'ensemble, quand le gras participera à une meilleure compréhension.

 

Visiblement, la police Times New Roman serait la moins efficace. Par ailleurs, les polices sans sérif, c'est-à-dire sans empattements, seraient bien plus lisibles que celles avec, ce qui viendrait confirmer les thèses du Bauhaus quant à la simplicité et à l'ergonomie. Enfin, l'optimisation des courbes des lettres via un processus d'antialiasing, surtout utilisé dans le jeu vidéo, serait un autre facteur d'amélioration de la lisibilité.

 

Un autre étudiant, âgé de 14 ans, a entrepris, dans le cadre d'un projet scientifique, de déterminer si le choix d'une typographie spécifique pouvait faire baisser les dépenses de l'État américain en matière d'impression. Suvir Mirchandani s'est aperçu après quelques expérimentations que la police Garamond était la plus économe en encre. Sa seule école, en utilisant cette police, pouvait réduire sa consommation de 24 %, et économiser près de 21.000 $.

 

« L'encre au litre est désormais deux fois plus chère qu'un litre de parfum français », explique l'étudiant : on comprend mieux la facture de l'État fédéral, avec 1,8 milliard $ dépensés chaque année dans l'impression... Si ce dernier utilisait uniquement le Garamond, ses dépenses seraient réduites de 30 %, soit 136 millions $ par an.

 

Le gouvernement a répondu au jeune homme, par l'intermédiaire de Gary Somerset, du Bureau des Impressions : « En 1994, nous produisions près de 20.000 impressions par jours. Aujourd'hui, nous en sommes à 2.500 », explique-t-il en saluant l'étude, et en soulignant que les efforts se portent surtout dans la conversion vers le Web... Avec une police lisible, évidemment.