Lancement des médiathèques numériques de l'Institut français

- 26.03.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Institut français - culturethèque - médiathèques


L'année dernière, l'Institut français présentait les premiers contours de Culturethèque. Des portails nationaux de ressources numériques considérables à destination de la Francophonie. Ce Salon du livre 2013 sonne comme le lancement officiel des infrastructures même si des pays comme le Maroc travaillent depuis de longs mois pour constituer leur médiathèque numérique.

 

 

 

Frédéric Jagu (à g.) et Olivier Walbecq (à d.)

 

 

Sur le plan des nouveautés, le fond s'enrichit de ressources multimédias diverses. On note ainsi le partenariat avec la Cité de la musique. Olivier Walbecq, directeur général et fondateur d'Archimed, développeur de la structure, donne un aperçu. Les flux de données musicales sont ouvertes aux résidents hors de France. Des concerts « à découvrir sur notre plateforme mais toujours avec une possibilité de renvoi vers les sites partenaires », précise-t-il. Mais aussi le bien connu Iznéo qui fournit 3.000 titres avec la promesse d'en ajouter une quarantaine par trimestre.

 

Géolocalisation et contenus sensibles

 

La politique de respect des législations locales reste la même. En conséquence, cette médiathèque en ligne n'est pas accessible depuis la France pour cause de contenus non libres de droit sur le territoire national. De même la géolocalisation opérera un premier filtre éditorial. On pense notamment à des pays comme la Chine dont certains contenus sensibles ne seront pas affichables, à l'instar du web placé sous contrôle.

 

Un souci du travail éditorial que souligne à maintes reprises Frédéric Jagu, chargé de mission médiathécaire à l'Institut et administrateur central du réseau. L'Institut n'a pas vocation à filtrer les ouvrages subversifs ou non pour chaque pays. La masse éditoriale concerne plutôt le portage en plusieurs langues. Ainsi pour la Chine, la médiathèque numérique est déclinée en trois versions : chinois, français et anglais. 

 

Réalité du terrain

 

Néanmoins, les développeurs d'Archimed et l'administration centrale de l'Institut ont fait en sorte d'offrir un système semi-fermé avec des modèles pré-définis. A charge ensuite au développeur local de prendre la main, de laisser tel quel ou d'opter pour un environnement fermé, sans paramétrages possibles pour l'utilisateur. « Nous avons mâché le travail à Archimed  pour que le travail des administrateurs soit réservé à la négociation auprès des fournisseurs de contenus, la mise en avant et l'éditorialisation », indique Walbecq. Faisant des nouveaux responsables numériques des médiathécaires tout ce qu'il y a de plus traditionnel.

 

De la souplesse d'utilisation, les culturethèques en avaient encore plus à revendre. Jagu confie même avoir pensé à l'échange entre inscrits de plusieurs pays pour recommander des contenus. Une bonne idée de départ mais pas « tenable » et « frustrante » quand la prescription s'arrête aux restrictions de catalogues locaux. Cependant, les réseaux sociaux historiques ont fait des petits. Chaque culturethèque permet la rédaction d'avis, la création de tags et la descriptions de documents. Seules les disparités de connectivité font retomber un peu l'enthousiasme.

 

Responsable de la médiathèque de Lubumbashi au Congo, Andy Tshilombo craint une « réalité à vitesse variable » dans ce nouvel outil au service de la francophonie. Manque de connexion, postes limités, le médiathécaire évoque l'Afrique centrale comme un petit poucet numérique. Loin derrière la Côte d'Ivoire et sa nuée de cybercafés. Il rappelle qu'avec son histoire d'ancienne colonie belge, le Congo ne profite pas des mêmes liens avec la France.