medias

Le danger des livres sur le Covid-19 que publient des escrocs

Clément Solym - 28.04.2020

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres coronavirus ebook - autopublication ebook arnaque - Kobo Michael Tamblyn


Personne n’envisagerait sérieusement d’acheter en librairie un livre au titre racoleur de Vaincre le coronavirus par injection d’eau de Javel. Pas plus que de se fier au marabout qui ramène l’amour perdu, débloque les portables — et soigne le Covid-19. Pourtant, quand on en vient à internet, il semble que tout soit possible. Ou que certains osent tout…

engin akyurt CC 0
 

Le PDG de Rakuten Kobo est sorti de ses gonds dans une série de messages des plus agacés. En période de pandémie, le catalyseur à fake news que représentent les réseaux sociaux s’amplifie. Et les escroqueries en tous genres poussent plus rapidement que jamais. L’autopublication numérique a ce revers de médaille que les ouvrages vantant des conseils alléchants, mais ô combien dangereux, profitent également de cette crise.

Le coup de gueule de Michael Tamblyn est à la mesure de la situation. Selon lui, 50 % des ebooks proposés sur Kobo Writing Life, service d'autopublication, sont actuellement refusés. Et ce, au motif qu’ils relèvent du charlatanisme, de l’escroquerie, de théories complotistes et autres campagnes de grossière désinformation.
 


La structure a d'ailleurs fait face : algorithmes mis à jour, personnel alerté. « Peu importe que les livres nous parviennent directement ou depuis un agrégateur », souligne-t-il. Et de demander, plus poliment : « Arrêtez. »

Des ouvrages qui ressemblent aux faux masques FFP2 que l’on trouve sur la toile, ou plus encore, des gilets de sauvetage défectueux, qui tuent plus qu’ils ne sauvent des vies. Voilà à quoi ressemblent les parutions proposées par ces escrocs. Dangers publics, en somme. 
 

Un bouillon de culture(s)


Récemment, Amazon a dû mettre à jour ses outils pour filtrer également les arrivées massives de livres parlant du coronavirus - sans avoir ni grand-chose à en dire, ni véritablement de fondements scientifiques pour s’exprimer. « La plupart des concurrents ebook d’Amazon ont mis en place un système d’approbation de contenu qui empêche d’accéder à des contenus horribles », soulignait le Digital Reader.

En mars dernier, alors que le coronavirus venait à peine de se déployer sur l’Occident, et par là même de terroriser les territoires, une première salve d’ouvrages avait discrètement disparu d’Amazon. On y retrouvait pourtant plus de 700 titres liés à l’épidémie, au virus et à ses origines — avec des explications plus farfelues que jamais.

Si Kobo avait déjà fait le nécessaire début avril, le magasin Kindle était en revanche truffé de bouquins en anglais, qui proposaient monts et merveilles — sans aucune réalité. Un modèle d’escroquerie qui fait des merveilles, puisque récemment, un autre arnaqueur a profité des dessins de Joan Cornellà. Il s’est mis à vendre des masques de protections reproduisant les œuvres de l’illustrateur, sans la moindre autorisation pour ce faire

Quant aux procédés d’Amazon, que de laisser les abus se multiplier avant d’intervenir, c’est toute une culture d’entreprise qu’il faudrait remettre en question. Manifestement, Kobo ne se contente pas de refuser, mais entreprend proactivement de vérifier les ouvrages, avant de les commercialiser…

On n’ouvre pas la porte à toutes les fenêtres…


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.