Le devenir de l'édition pour 2015 : se rapprocher des lecteurs

Clément Solym - 22.12.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - édition prospectives - livre lecture lecteurs - 2015 données informations


Les tendances dans l'édition, cela ressemble toujours à la consultation d'une boule de cristal. David Lipsey, consultant externe pour Optimity AdvisorsOpen, a été sollicité par Book Business Mag, pour établir ses perspectives sur 2015, avec une priorité maximale : la relation client, qu'il faudra approfondir. 

 

 

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josep, CC BY SA 2.0

 

 

Il importera, de plus en plus, que l'éditeur maîtrise les informations sur ses lecteurs, assure le consultant. Alors que la chaîne de vente a été perturbée avec Amazon, ainsi que les nouvelles solutions de lecture (streaming, bibliothèques, etc.), les éditeurs devront « apprendre à connaître les personnes qui achètent leurs livres », promet-il. Et des données obtenues découleront différentes orientations sur l'acquisition d'ouvrages, le marketing, et à plus long terme, pour établir des relations solides.

 

Le problème découle de ce que les données préexistent, mais que les distributeurs les conservent jalousement. Au travers de solutions actuelles comme Facebook, et les Fan Pages, les éditeurs ont tout intérêt à opérer un rapprochement direct. Mais obtenir les données nécessaires n'est qu'une partie du travail : la seconde « consiste à déterminer quel travail doit être opéré pour comprendre ce que l'on peut prédire à partir des données collectées ». Autrement dit, faire de la prospective. 

 

Le canal de la vente directe devient alors une solution première, pour l'exploration et l'établissement de fiches. Or, comme les revendeurs, et une fois encore, Amazon en tête de liste, font de la rétention d'information, « ce manque exige presque que les éditeurs envisagent de vendre directement ». 

 

Or, un point souvent noté, est que les marques éditoriales ne possèdent pas une notoriété forte – on connaît plus facilement Peugeot ou TF1 que Gallimard ou Hachette. Bien entendu, les moyens ne sont pas les mêmes, mais cette fracture dans l'identification est plus forte encore outre-Atlantique. Là-bas, des maques comme HBO (chaîne de télévision) ou General Motors sont très facilement identifiées. 

 

Pour l'éditeur, qui construit une grande partie de son travail sur les auteurs, la difficulté devient alors de bâtir une offre de vente directe sur l'ensemble d'un catalogue. Pour l'heure, plusieurs librairies en ligne, montée autour d'un auteur et de son univers, ont été expérimentées. En France, Flammarion a pourtant envisagé d'explorer cette piste autour d'une collection, J'ai lu pour Elle, qui recense toutes les publications romances de la maison. C'est bien un travail de marque qui est opéré, à travers une thématique et ses différentes déclinaisons éditoriales.

 

Un autre exemple, pris par le consultant, est celui du conflit Amazon/Hachette : « Soudain, à cause de toute cette publicité, les consommateurs voient Hachette comme une marque unique, et ils voient Hachette associé à une liste prestigieuse d'auteurs. » L'opportunité idéale pour élaborer une stratégie de communication sur la marque, valorisant le savoir-faire, et les auteurs, poursuit David Lipsey. 

 

De la sorte, l'industrie du livre disposera d'une nouvelle ressource, qui, combinée à l'explosion des appareils numériques, donnera plus de visibilité et de présence aux ouvrages. « Je pense que l'augmentation de l'accès mobile, et d'internet, à l'échelle mondiale, aura un impact énorme sur l'industrie du livre », d'autant plus que les pays émergents verront leur accès aux ressources du net s'améliorer.