Le dispositif PNB expérimenté dans les bibliothèques universitaires

Antoine Oury - 27.06.2016

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Le consortium Couperin, association chargée d'évaluer, négocier et organiser l'achat de ressources documentaires numériques au bénéfice de ses membres, les établissements universitaires et de recherche, annonce le début d'une expérimentation de PNB dans les établissements. Après plusieurs mois de négociations, l'expérimentation est nécessaire « pour que le public de l'Enseignement supérieur et la Recherche » ait accès au catalogue de l'offre numérique en bibliothèque, assure l'organisation.

 

BNU Strasbourg

À la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (photo d'illustration, Pascal Thibault, CC BY 2.0)

 

 

En 2014, le consortium Couperin avait donné son avis sur le système PNB, pour Prêt Numérique en Bibliothèque, le système de prêt de livres numériques mis au point par Dilicom. Difficile de dire que l'association était emballée par le dispositif, même si Couperin soulignait la louable intention « de confirmer la librairie comme partenaire commercial des bibliothèques ».

 

Cela dit, Couperin a participé aux négociations avec les éditeurs et Dilicom pour faire valoir les attentes et les enjeux du livre numérique dans les établissements universitaires. Ces discussions, ainsi que les différents rapports et journées d'étude du réseau CAREL ou Dilicom, semblent avoir permis de faire comprendre les enjeux des uns et des autres.

 

Par ailleurs, note Couperin, c'est « l'intégration d'Hachette dans PNB » qui a constitué le déclic pour les bibliothèques universitaires. « [C]e dernier promet d’accéder à la quasi-totalité du catalogue numérique de l’édition française (890 éditeurs et marque éditoriale) et à l’offre FeniXX, qui donne accès au catalogue des œuvres indisponibles. Cet accès centralisé à l’offre éditoriale est un réel progrès, eu égard à l’émiettement actuel des catalogues de livres électroniques », note Couperin. 

 

Certes, mais Hachette reste aussi l'un des groupes les plus réticents à adapter son offre tarifaire aux besoins — et aux moyens — des bibliothèques publiques.

 

Cependant, Couperin note qu'il est désormais « contre-productif que les établissements dépendant de l’Enseignement supérieur restent étrangers à la dynamique en cours », appelant ainsi de ses vœux la mise en place d'une période d'expérimentation, dans la perspective de définir une offre commerciale adaptée aux bibliothèques universitaires.

 

Tout en maintenant ses points de vigilance, Couperin propose de coordonner les retours sur les différentes démarches techniques entre les établissements universitaires et de recherche souhaitant tester PNB et les producteurs de SIGB, afin d’éviter tout surcoût technique lors du développement de l’API nécessaire au fonctionnement de PNB.

 

 

Pondérant son enthousiasme, Couperin signale que la récente décision de la Cour de Justice de l'Union européenne sur le droit de prêt doit susciter une réflexion française pour adapter le droit de prêt aux livres numériques. Non seulement pour simplifier les conditions de mises à disposition au public, mais aussi pour améliorer la rémunération des auteurs, toujours aussi problématique. Couperin suggère aussi que tous les tarifs des éditeurs soient rendus publics, dans le respect de la loi sur le prix unique du livre numérique.

 

Enfin, Couperin souligne que PNB « ne doit pas entraver l’apparition de nouveaux acteurs, éditeurs natifs du web ou hébergeurs de contenus dont les services techniques développent la valeur d'usage du livre électronique, comme par exemple (sic) des plateformes interopérables, autorisant le partage et l’annotation avec un contenu de qualité ».