Le DRM sert à “espionner l'usager et commercialiser ses données” (EFF)

Clément Solym - 15.11.2016

Lecture numérique - Usages - verrous numérique fichiers - contrôle clients usages - mesure technique protection


Les mesures dites « techniques de protection » ont la peau dure, le cuir tanné et plus encore. Et de surcroît, la loi pour protéger leur inefficacité notoire. Mais les organismes qui luttent contre ce parasitisme sont nombreux. Et leurs attaques frappent juste.

 

DRM verrous

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La Free Software Foundation ne plaide pas que pour sa paroisse – le logiciel – quand elle exhorte le gouvernement américain à abandonner les dispositions du DMCA qui protègent les DRM des outils de contournement. L’an passé, le Bureau du Copyright a lancé une série de consultations publiques pour examiner les éléments cruciaux du DMCA.

 

Fut alors pointé le fameux article 1201, par lequel on empêche les utilisateurs de supprimer les DRM. Dans la lignée de la procédure juridique ainsi impulsée par l’Electronic Frontier Foundation, la FSF décide de frapper fort. Très fort.

 

En juillet dernier, l’EFF portait plainte contre le DMCA, qui violerait le Premier amendement. « [La législation] criminalise la création d’outils facilitant l’accès des personnes et leur utilisation des différents [objets sous copyright] », estimait l’EFF

 

La FSF s’inscrit clairement dans ce combat : détentrice de licences liées à de nombreux logiciels GNU/Linux, la FSF ne voit tout simplement pas d’avenir aux DRM... et demande instamment au Bureau du Copyright de mettre un terme à ce qui ressemble à une aberration. Parce que le DRM est une violation du droit des utilisateurs, point barre.

 

« Les mesures techniques de protections et la gestion des restrictions numériques (ou DRM) ne jouent aucun rôle légitime dans la protection des œuvres protégées par le copyright. Au lieu de cela, c’est un moyen de contrôler les utilisateurs et de créer des verrous. »

 

Le copyright ne serait alors qu’un prétexte pour espionner les usagers, en alimentant les fournisseurs de technologies en données personnelles sur les utilisateurs. « Le DRM permet aux entreprises d’espionner leurs utilisateurs et d’utiliser ces données à des fins lucratives », assène la FSF.

 

« Le DRM est fréquemment utilisé pour espionner les utilisateurs, en exigeant qu’ils maintiennent une connexion internet pour que leur programme puisse envoyer des informations au fournisseur de DRM, sur les actions de l’utilisateur. »

 

L’actuelle législation donne une légère latitude aux consommateurs pour le contournement des DRM, mais, pour la FSF, ce n’est pas suffisant. Du tout. Abandonner les dispositions de l’article 1201 est l’unique voie possible. « Tout DRM est une violation du droit des utilisateurs. Le processus d’exemptions prévu à l’article 1201 est totalement fichu, au-delà du réparable. Aucune accumulation d’exemptions sauf une exemption définitive pour toutes les utilisations peut corriger la situation. »

 

La justice américaine peut marquer la fin des DRM 

 

Le DRM ne servirait donc qu’à criminaliser les usagers, et les mesures anti-contournement du DMCA « font trop de tort et devraient être abrogées, afin que les usagers puissent de nouveau jouir de leurs droits, conformément à la loi, sans ingérence ».

 

 

via Torrent Freak