En quelques semaines, la famille Riethmüller, libraires de père en fils au sein de la chaîne Osiander, ont mis la pression sur les éditeurs allemands, à grands coups de déclarations tonitruantes. Au cours de la réunion annuelle des éditeurs allemands, Heinrich Riethmüller, directeur de la chaîne de librairies, avait demandé aux confrères d'abandonner les DRM. Michael Riethmüller, à l'origine d'une initiative en faveur des commerces de proximité, vient de lui emboîter le pas.

 


DRM

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Comme un vent de révolution, au sein du Börsenverein, qui rassemble les éditeurs et les libraires allemands : les seconds se font de plus en plus pressants auprès des premiers, et les somment d'abandonner les mesures techniques de protection, ou DRM, censés limiter le piratage.


La réalité commence à être difficile à éviter : ces verrous numériques n'empêchent en rien les pirates de mener à bien leurs activités, mais constituent surtout un véritable obstacle à un développement sain de la lecture numérique. De quoi inviter alors à privilégier les modèles propriétaires.

 

« Le DRM est un coup bas à l'industrie, qui profite essentiellement à Amazon et Apple », a souligné le frère de Heinrich Riethmüller. Les verrous obligent les consommateurs à effectuer une série d'étapes contraignantes avant de pouvoir lire, et les incitent plutôt à se tourner vers des écosystèmes moins contraignants, plus simples d'accès comme le Kindle ou iBooks.


De la sorte, ces lecteurs restent captifs, et n'iront jamais acheter un ebook en librairie.

 

Et, puisque ce sont les éditeurs qui décident de mettre en place ces DRM, Riethmüller leur fait une proposition simple : « C'est nous qui assumons les frais des éditeurs, pour des assistances techniques ou des conseils », a-t-il simplement résumé, en leur demandant d'abolir immédiatement les protections techniques.

 

Le patron des librairies RavensBuch a averti toutes les boutiques de son réseau : « Si les éditeurs ne sortent pas de leur aveuglement, il est peut-être temps de se demander ce qui les intéresse vraiment. »

 

Inversement, on pourra se demander à quel moment, à force de donner la soupe à Amazon, les éditeurs assumeront, ou cesseront définitivement.