Le Japon en manque d'un vrai catalogue de livres numériques

Clément Solym - 02.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Japon - catalogue - numérisation


Le Pays du Soleil Levant vient de voir plusieurs éditeurs se motiver pour assurer une offre solide et importante en matière de livres numériques à leurs concitoyens. Le pays, qui en dépit des apparences n'est pas vraiment à la pointe dans le secteur va faire un effort, bientôt. Un gros effort.

 

En effet, près de 180 maisons d'édition vont unir leurs forces, raconte The Bookseller, pour parvenir à la création de un million de titres numériques. À compter du 2 avril, Shuppan Ditigal Kikou (pas lol), va mettre les bouchées doubles, voire triples. Cet organisme, qui a reçu le soutien du gouvernement, et de certains groupes comme la Kodansha et la Shueisha, va s'occuper de numérisation. 

 

Le montant des travaux sera soutenu à la hauteur de 1,2 milliard de yens, par les éditeurs, tandis que Dai Nippon Printing et Toppan Printing injecteront chacune 500 millions ¥ pour le projet. 

 

 

 

À ce jour, le manque de titre numérisésa empêché l'essor du marché du livre numérique. Selon les analystes, ce retard est également à imputer aux problèmes et questions d'interopérabilité entre les libraires, les tarifs de vente élevés des ouvrages, et l'absence de compatibilité par exemple pour les lecteurs ebook, avec le japonais. Un dernier détail particulièrement fâcheux.

 

Cette nouvelle initiative sera cependant la bonne : « La numérisation d'un million de livres va révolutionner le marché sur place, mais il est difficile de prendre ce nombre au sérieux, étant donné que cela a pris neuf ans aux éditeurs pour atteindre le catalogue total actuel de 100.000 livres », explique Robin Birtle, directeur des services numériques au Japon, pour Sakkam Press. 

 

Pour autant, ce programme de numérisation aura un impact d'autant plus grand que le Kindle est attendu pour le printemps dans une version japonaise. Ainsi, le succès de l'entreprise de numérisation, soutenue par ces quelque 180 éditeurs, serait avant tout porté par la future présence d'Amazon, ainsi que d'autres acteurs du monde numérique.

 

Rattraper les erreurs et le retard

 

Rappelons surtout que de nombreux acteurs professionnels, voyant les retards pris par les éditeurs, dans la numérisation des oeuvres, se sont mis à proposer, pour les particuliers, un service de numérisation personnalisé. En l'échange de la version papier d'une oeuvre, ces sociétés assurent la création d'un fichier PDF, à relire et découvrir directement sur l'appareil que l'on souhaite. Un commerce qui n'avait pas vraiment enchanté les éditeurs ni les auteurs. Des plaintes avaient d'ailleurs fusé, pour empêcher que ce commerce ne s'installe durablement.

 

La question des prix de vente n'est toujours pas résolue, pour l'heure, mais un porte-parole de Shuppan assure qu'il faudrait s'attendre à ce que les tarifications soient soutenues. D'autre part, les négociations avec Amazon n'ont pour le moment pas encore commencé, aussi le lobbying de la firme américaine, en faveur de prix de vente bas n'a pas encore pu commencer à s'exercer. 

 

Les éditeurs commencent à passer des accords

 

Si les très grandes écuries éditoriales n'ont toujours pas franchi le pas des accords avec Amazon, reste que certaines maisons ont pour l'heure part eu l'envie d'avancer avec le géant américain, pour la commercialisation de leurs titres et catalogues numériques. Ainsi, Kadolawa vient de signer un accord pour la distribution de ses titres sur le Kindle et la plateforme ebookstore, dès lors qu'elle sera mise en place dans le pays. 

 

Il s'agira pour l'éditeur, dès le lancement de la version japonaise du Kindle, de pouvoir fournir aux clients les titres dans le format lisible par le lecteur ebook d'Amazon, et, qui sait, sous le format tablette également ?