Le Japon muscle sa lutte contre le piratage de mangas

Camille Cornu - 19.11.2015

Lecture numérique - Législation - piratage manga numérique - the seven deadly sins - red hawk


La police de Kyoto a arrêté deux étudiants chinois accusés d’avoir mis en ligne le dernier chapitre d’un populaire manga japonais, The Seven Deadly Sins de Nabaka Suzuky. Depuis le mois dernier, le Japon a rejoint les États-Unis au sein d'un traité transpacifique visant à apposer un copyright sur les droits d'auteurs. Alors que les Japonais font partie des plus gros consommateurs de livres numériques, le pays s'engage désormais dans une lutte contre le piratage.

 

Seven Deadly Sins, publié par Pika en France

 

 

Les deux hommes sont accusés d’avoir posté le manga sur un site de piratage, « Red Hawk », deux jours avant sa publication dans le Weekly Shonen Jump. L’homme suspecté de leur avoir fourni le manga aurait déjà été arrêté le 13 novembre. Il était alors accusé d’avoir revendu le magazine Weekly Shonen Jump, édité par Shueisha : 3 pirates avaient scanné le dernier épisode de One Piece pour le mettre en ligne. 

 

Le fournisseur de ces mangas serait un livreur de 69 ans, Takehisa Hidaka. Chargé de transporter le manga de l’imprimeur chez le libraire. Il avoue avoir revendu le manga aux deux hommes sans autorisation, mais assure avoir ignoré leur volonté de le mettre en ligne. La police cherche à savoir si cette revente de la part de Hidaka était régulière, et s’interroge sur la possibilité de différents groupes chinois organisés dans le piratage des mangas. 

 

Seulement 4 ou 5 heures après la livraison, le manga se trouvait déjà sur au moins trois sites de piratage, accompagné d'une traduction anglaise. 

 

Alors que les mangas connaissent un réel essor numérique au Japon, leur piratage représenterait une vraie perte pour l'industrie. Plusieurs solutions avaient déjà été tentées pour limiter leur piratage, notamment de les rendre plus accessibles légalement ou de permettre des traductions anglaises simultanées aux sorties japonaises.

 

Le mois dernier, le Japon rejoignait les États-Unis dans la signature d'un traité transpacifique (TPP), essentiellement tourné vers la défense du copyright. Les pays engagés dans ce traité devraient être amenés à calquer leur modèle législatif sur celui des États-Unis. 

 

Kodansha, le principal éditeur de mangas du Japon, a déclaré à Crunchyroll : « Ce cas est révélateur de l’époque, parce qu’il s’agit de la première arrestation pour violation d’un copyright numérique, et en même temps pour les sites organisés dans le piratage de manga. Nous espérons que ce cas amènera à une meilleure dénonciation des sites pirates, surtout en Amérique du Nord, où les piratages se sont massivement répandus ». 

 

(via Animenewsnetwork)