Le jeu du chat et de l'Hadopi : rapport de force et d'activité

Clément Solym - 17.10.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Hadopi - rapport d'activité - label PUR


Sale temps pour la Hadopi, dans les deux sens de l'expression : Marie-Françoise Marais, la présidente de l'Autorité, n'a pas pour autant abandonné le rouge. Au risque d'en voir un peu trop, et de fustiger dès les premières minutes de la conférence le « dénigrement systématique » qu'essuie l'institution, qui il est vrai n'a pas bonne presse. 

 


De droite à gauche : Marie-Françoise Marais, Éric Walter, Mireille Imbert-Quaretta

 

Pour ce deuxième rapport, Marie-Françoise Marais tient d'emblée à rendre hommage à ses équipes, à leur détermination et à leur enthousiasme face « aux attaques permanentes » que subirait l'institution. La présentation des comptes semble donc l'occasion de tirer un trait sur les récentes polémiques, qui impliquaient des taxis un peu trop chers payés...

 

Retrouvez notre live-tweet de l'événement

 

Comme lors du dernier rendez-vous fixé par la Haute Autorité avec la presse, (voir notre actualitté) les explications de l'équipe se sont focalisées sur l'aspect pédagogique de sa mission : le piratage commercial ne relève donc pas de la Hadopi. Et pour poursuivre ce travail de longue haleine, la structure va renforcer son label PUR, espère « augmenter sa visibilité » sur les grandes plateformes légales du type Amazon, Google ou Apple, et va donner la parole « à la communauté de l'offre légale » dans un blog qui ouvrira prochainement.

 

À l'inverse, est abandonnée l'idée d'un portail de référencement des offres légales, « pour ne pas concurrencer les start-up qui investissent ce marché » explique Marais. « Les saisines de la Hadopi vont augmenter, par exemple sur les mesures techniques de protection » continue la présidente en confiant que la BnF a emprunté cette voie il y a quelques semaine. Savoureux, quand on sait combien l'établissement est lâche vis-à-vis de l'open access à ses fonds numérisés...

 

Dénonçant les manques de moyens techniques, législatifs ou financiers, la présidente de la Hadopi semble légèrement sur la défensive au moment des questions, les évacuant souvent au seul motif de limites dans les prérogatives de la Haute Autorité. Par ailleurs, la présidente de la Hadopi refuse de donner la date de l'audition auprès de Pierre Lescure.

 

Et quand on l'interroge sur l'absence de véritable sensibilisation des consommateurs aux MTP (ou DRM) et autres formats propriétaires, qui limitent sensiblement l'usage (prêt, équipements utilisés) des contenus achetés légalement, elle répond que « les internautes ne sont pas crétins »... Voilà un pédagogue bien sélectif.