Le Kindle d'Amazon pousse le minuscule marché du eBook

Clément Solym - 05.04.2008

Lecture numérique - Acteurs numériques - Kindle - Amazon - marché


Plus de quatre mois après qu’Amazon.com a sorti le Kindle, et que le Reader de Sony serait annoncé en France, personne ne peut dire si le dernier lecteur d’e-book en date se vend ou non. Les éditeurs pensent cependant que le Kindle a aidé sinon révolutionné, le minuscule marché de l’e-book.


Kindle


Battage médiatique

Amazon.com a été très couvert médiatiquement depuis la sortie du Kindle le lundi juste avant Thanksgiving et l’annonce que la première série mise sur le marché s’est vendue en seulement quelques heures. Amazon.com a refusé de donner les chiffres de vente du Kindle, au moins 2000 si l’on en croît les critiques des clients, mais a répété que l’offre n’arrivait pas à rattraper la demande, l’appareil étant souvent épuisé.

Les officiels de l’édition sont réticents à parler des chiffres de vente, mais déclarent avoir enregistrés un taux de croissance des ventes à deux chiffres depuis la sortie du Kindle, avec un regain d’intérêt pour les téléchargements sur le Reader de Sony. Les ventes des livres les plus populaires seraient aussi importantes sur le Kindle que sur le Reader qui est pourtant sorti en 2006.

Des répercussions notables

« Le Kindle a augmenté la notoriété. Les éditeurs m’ont dit que dans certains cas, les chiffres du Sony sont le double ou le triple de ce qu’ils ont été » affirme Michael Smith, à la tête du Forum International Numérique de l’Édition, qui enregistre les ventes d’e-book.

Le Kindle, qui se vend à 399$ sur Amazon.com est plus fin que la plupart des livres de poche et pèse 292 grammes. Il peut contenir 200 livres, ainsi que des journaux, magazines et un dictionnaire entier. Mais il est aussi loué pour sa sélection, plus de 100 000 livres, blogs et journaux, ainsi que pour sa rapidité de livraison, moins d’une minute. On trouvera des auteurs tels que le lauréat au prix Nobel Toni Morrison, Michael Lewis et Neil Gaiman.

Étonnant, à bien des égards

Dans une critique en novembre dernier, un rédacteur de AP technology, Peter Svensson, disait du Kindle que c’était « un appareil étonnant à bien des égards » mentionnant son clavier fourni, et « le navigateur Internet rudimentaire qui permet de surfer gratuitement. » Il notait toutefois quelques défauts, y compris « sa pauvre autonomie, ce qui l’empêchera de révolutionner l’industrie ». Stephen King lui-même ne l'avait pas trouvé tout à fait nul...

L’industrie de l’édition est plus vieille de plusieurs siècles que celles du film et de la musique, et son mode de communication, l’écriture papier, a prouvé qu’il était bien plus persistant que les vinyles, ou les cassettes vidéo. Les nouvelles technologies du CD au DVD sont en général plus pratiques que les objets qu’ils remplacent. Pourtant, aucun appareil pour e-book ne s’est même approché de la praticité et du plaisir esthétique du livre traditionnel.

Rivaliser avec l'expérience du livre

« Les livres en eux-mêmes sont des machines très efficaces, et l’expérience de tenir un livre fait partie de la culture du livre » explique le directeur de la publication chez Farrar, Straus & Giroux, Jonathan Galassi qui considère le Kindle comme « inconsistant » et déclare que cela lui rappelle un peu les télécrans.

« Les e-books sont une niche en expansion pour le moment » explique Smith, « mais je doute qu’un jour, tout le monde en utilisera un. Les gens aiment ce que le livre traditionnel représente pour eux. » Le marché des e-books est indéniablement en expansion. Si l’on en croit le Forum International Numérique de l’Édition, les ventes ont augmenté de façon constante sur les six dernières années, d’à peu près 6 millions de dollars en 2002 à 33 millions en 2007.

« Le Kindle est assurément un pas en avant important, mais je ne pense pas que c’est pour autant la fin de l’évolution » affirme Smith.

Les consommateurs pas encore conquis

Il est très rare de voir des e-books dans les mains d’une personne par rapport aux iPod ou iPhone, mais les lecteurs d’e-book ont rattrapé leur retard dans l’industrie. Les groupes Hachette Book Group USA, Simon & Schuster et Random House, inc. font partie de ceux qui utilise le Reader de Sony (vendu à 299 $) pour revoir des manuscrits, et on aura plus de chances de trouver parmi leurs cadres des gens qui ont déjà lu un e-book.

« Ce n’est pas une conversation que j’ai avec des gens extérieurs à cette industrie, mais je pense que les gens vont se tourner de plus en plus vers l’e-book. Cela restera une niche comme les audiobook. Je pense que c’est le meilleur point de comparaison » explique Jonathan Karp, directeur de la publication chez les impressions Hachette.

« En réalité, je lis au lit mon e-lecteur Sony, et j’adore ça. C’est plus clair qu’un livre classique, et c’est plus facile de tourner les pages qu’avec un manuscrit. Je n’ai pas à me coltiner les livres partout. J’économise du papier. C’est génial. »


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