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Le Kindle Fire, en fait une véritable mine d'or pour Amazon

Clément Solym - 20.01.2012

Lecture numérique - Tablettes - Kindle Fire - Amazon - Bénéfice


La France n'est pas la seule à s'inquiéter de sa stabilité sur les marchés boursiers. Amazon connait depuis fin octobre une chute de la valeur de ses actions, plus de 20% en 4 mois. Fin octobre, mais ne serait-ce pas juste avant la date de lancement du Kindle Fire ? Et pourtant une étude récente du cabinet RBC Capital annonce un bénéfice de 136$ par tablette pour Amazon.

 

Dès son lancement le Kindle Fire avait inquiété les marchés. Son prix très bas de 199 $, bien inférieur à ce que propose l'ensemble de ces concurrents, avait obligé Amazon à réduire ses marges. La société n'a par la suite pas livré de chiffres sur ces marges. Les études qui s'y sont essayées ont livré des conclusions très contradictoires, certaines annonçant des pertes de 50 $ par machine, d'autres exactement l'inverse.

 

Après un calcul tout personnel, on peut raisonnablement imaginer qu'Amazon vend sa tablette peu ou prou au prix de fabrication. Mais ce n'est pas dû au hasard : ce choix de mettre volontairement un prix de vente très bas s'explique par la perspective de vendre d'avantage d'applications ou d'ebooks dans le futur.

 

Le cours boursier d'Amazon chute

 

 

Quoi qu'il en soit, les investisseurs n'avaient plus vraiment confiance en Amazon ces derniers temps. Mais l'étude de RBC Capital va peut-être changer cela.

 

Ce cabinet d'analyses économiques a pris un panel de 216 utilisateurs, a mis dans un chapeau les termes « marge opérationnelle », « revenu de vie cumulatif », « exploitation cumulée », a mélangé le tout, et en a conclu que « les perspectives économiques du Kindle Fire sont susceptibles d'être plus favorables qu'attendus ».

 

Le résultat démontre qu'Amazon ferait un bénéfice final de 136$ par tablette. Ce chiffre de 136$ provient d'une estimation des analystes en accumulant l'ensemble des achats d'applications, de jeux ou d'ebooks sur la tablette sur l'ensemble de sa durée de vie, qui est approximativement de 3 ans.

 

Une étude qui tombe à pic

 

Ross Sandler, analyste chez RBC Capital, ne cache pas que son étude ferait le plus grand bien au cours –tortueux- des actions financières d'Amazon : « Nous croyons que ces perspectives pourraient atténuer certaines inquiétudes des investisseurs autour des marges d'exploitation réduites par unité du Kindle Fire, et donc augureraient d'un meilleur avenir pour les actions d'Amazon en 2012 ».

 

Certains reproches peuvent cependant être faits sur cette étude. Le panel est très petit au regard des millions d'utilisateurs d'un Kindle Fire. De plus, la sortie du matériel est très récente et il apparaît difficile de faire des estimations sur les trois prochaines années, alors que les plus anciens utilisateurs l'ont depuis 2 mois tout au plus.

 

Autre point soulevé par TeleRead, on ne sait toujours pas combien coûte effectivement un Kindle Fire à Amazon. Alors comment est-il possible d'en estimer le bénéfice ?

 

Si certains points demeurent quelque peu flous, il paraît néanmoins probable que le Kindle Fire soit une source –très- importante de revenus pour Amazon.

 

De mémoire d'homme, a-t-on déjà vu Amazon agir par philanthropie ?