Le libraire Barnes & Noble abandonne un peu plus ses services numériques

Antoine Oury - 04.03.2016

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Entre la chaîne de librairies américaine Barnes & Noble et la lecture numérique, le torchon brûle depuis un moment. B&N s'était engagé rapidement dans le livre numérique, avec la création d'une filiale dédiée au format, Nook, et une série d'appareils de lecture qui étaient, à l'époque, plutôt novateurs. Mais, à force de mauvaises décisions et d'une offre défaillante, le Nook prend l'eau.

 

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(Marco Antonio Coloma, CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Les résultats de la filiale Nook étaient devenus si catastrophiques que la chaîne avait un peu plus distinctement séparé les deux activités : les pertes du commerce de livres numériques avaient fini par plomber les résultats globaux du marchand, ce qui n'était pas pour plaire aux actionnaires.

 

La descente aux enfers du Nook s'était poursuivie, semble-t-il, avec le désengagement de Microsoft, à la mi-2015.

 

Hier, Barnes & Noble a informé ses clients britanniques de la fermeture de son service numérique sur le territoire. Désormais habitué au transfert des droits pour les contenus achetés par les utilisateurs, Barnes & Noble invite les inscrits à se créer un compte Sainsbury's, une des principales chaînes de supermarchés au Royaume-Uni.

 

Ainsi, ils pourront toujours accéder à « la vaste majorité » des contenus achetés, pour peu que Sainsbury's détienne aussi les droits d'accès aux livres numériques. Par contre, les consommateurs devront eux-mêmes s'assurer du transfert des ouvrages liés à leur compte, et ce avant le 31 mai prochain. Si cela n'est pas fait une fois cette date dépassée, tous les contenus, même téléchargés, deviendront inaccessibles. De l'inconvénient de proposer un système basé sur le cloud et des droits d'accès...

 

Illustration acide des soucis que Barnes & Noble rencontre avec le numérique, les consommateurs auront d'abord appris l'information par le site de Sainsbury's, qui souhaitait « bienvenue » aux clients Nook...

 

Par ailleurs, au niveau américain cette fois, Barnes & Noble annonce également la fermeture définitive de Nook Video, qui comme son nom l'indique, n'était rien d'autre que sa boutique de films et contenus vidéo. 

 

Enfin, le Nook App Store ferme aussi ses portes, mais il n'a visiblement jamais décollé, proposant une sélection très restreinte d'applications. Ces dernières étaient réservées aux appareils Nook, et les développeurs auront sans doute rapidement abandonné le travail supplémentaire que leur demandaient ces appareils, au regard du nombre d'utilisateurs.

 

Si les services Nook se réduisent désormais à peau de chagrin, particulièrement pour les clients européens, il reste toutefois possible de charger dans les appareils des livres numériques achetés dans différentes boutiques, tant qu'il s'agit d'un format ouvert.

 

The Digital Reader prédit une durée de vie de 7 mois pour le Nook Store américain : les pronostics sont lancés.

 

Malgré ces échecs successifs et le gouffre financier que représente l'activité numérique pour le libraire, Barnes & Noble envisage malgré tout d'ouvrir des boutiques physiques, inspirées par le monde numérique