Le livre audio vu par les éditeurs et les lecteurs

Clément Solym - 22.11.2012

Lecture numérique - Usages - Lire dans le noir - audiolivre - Livres audio


Lire dans le noir, pour célébrer sa décennie d'existence, a mené une enquête visant à faire le point sur l'image du livre audio. Ainsi, c'est un panel composé de 16 éditeurs de livres audio, et plus de 300 prospects lecteurs comme non-lecteurs, qui ont répondu aux questions de l'association visant à sensibiliser le grand public au plaisir des livres lus. 

Aux yeux des éditeurs

 

Le panel de professionnels comportait une grande part d'éditeurs ayant publié moins de dix titres au cours de l'année 2011, quatre autres revendiquant entre 10 et 20 publications, et trois qui dénombre entre 30 et 52 titres.

 

Les interrogés ont fait part d'un optimisme modéré, en raison d'une progression en lente augmentation. Et s'ils croient au potentiel du marché, ils déclarent peiner toutefois à toucher de nouveaux publics. Et comme dans le reste de l'industrie du livre, les petits poissons craignent les gros.

 

Les éditeurs ont constaté que le manque de visibilité du livre audio dans les médias, son prix de vente, des libraires réticents, ou encore la mise à disposition de titres gratuits sur le web, constituent les principaux freins au développement de l'activité.

 

Ils attendent de l'avenir une meilleure couverture médiatique, un meilleur accompagnement des lecteurs, notamment dans les points de vente, et songent pour leur développement à des concepts innovants et attrayants qui devraient apporter un plus aux versions audio par rapport aux livres traditionnels.

 

Aux oreilles du public

 

Le panel des interrogés comportait 66 % de femmes, 77 % d'actifs, 29 % de moins de 40 ans, 51 % de 40 à 59 an, et 15% âgés de 60 à 80 ans.Parmi eux, une majorité de 81 % ont déjà écouté des livres audio, tandis que13 % l'envisagent, et que 4 % ne sont pas du tout intéressés. 

 

Divers freins et critiques apparaissent. Les plus réfractaires déclarent préférer le format papier et contrôler eux-mêmes leur rythme de lecture sans que l'on ne vienne troubler leur imaginaire propre. Ils ont tendance à percevoir le livre audio comme réservé aux lecteurs souffrant d'un handicap de lecture. Certains évoquent encore de possibles difficultés à se concentrer sur l'écoute, mais les principales causes freinant les achats sont la difficulté pour se les procurer, une offre trop réduite, le prix trop élevé, et avant tout le manque d'informations.

 

Le jugement des audiolecteurs sur l'interprétation des livres, parce que subjectif, donne lieu à des remarques variées. On déplore trop ou bien trop peu de mise en scène, de musique et de théâtralité.

 

Les points positifs soulevés concernent notamment l'accessibilité aux malvoyants, l'ambiance sonore pour 65 % des lecteurs, la mobilité et le gain de temps, ainsi qu'un certain plaisir de l'écoute...

 

Perspectives, attentes et suggestions

 

Les idées pour un développement du marché du livre audio ne manquent pas. Le choix des interprètes ainsi que l'apport d'une valeur ajoutée auraient toute leur importance dans la séduction du public. Ont été évoqués également les supports illustrés dans le cadre de la lecture pour enfants.

 

En matière de distribution, l'offre de téléchargement en ligne pourrait convaincre certains consommateurs, tout comme la possibilité d'acquérir des packs couplant le livre papier avec sa version audio...

 

C'est entendu...

 

Par ailleurs, le Prix Lire dans le Noir 2012 a été décerné hier à 4 ouvrages, chacun primé dans sa catégorie respective :

  • Fictions - Nouveauté : La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé lu par Pierre-François Garel (Editions Thélème)
  • Fictions- Classique : Les dernières cartes, d'Arthur Schnitzler lu par Lionel Epaillard (CdL)
  • Documents : Eloge de la faiblesse, d'Alexandre Jollien lu par Bernard Campan et Michel Raimbault (Audiolib)
  • Jeunesse : Mon petit cœur imbécile, de Xavier-Laurent Petit lu par Alice Butaud (L'école des loisirs, chut!)