Le livre numérique, moins propice au téléchargement illégal (Hadopi)

Nicolas Gary - 30.08.2014

Lecture numérique - Usages - Hadopi usages - livres numériques - France consommation


Début août, l'Hadopi présentait un bilan de la consommation de biens culturels dématérialisés, une étude qui portait également sur les pratiques et perceptions des internautes français. Réalisée en mai auprès de 1511 internautes de 15 ans et plus, en partenariat avec l'IFOP, elle indique que le livre numérique, contrairement à ses comparses des autres industries culturelles, est moins propice au téléchargement illégal. Phénomène à relativiser, en regard des derniers comportements observés. 

 

 

 

Dans les pratiques, la consommation légale repose avant tout sur trois principes : être en conformité avec la loi, pour 47 % des répondants, par respect pour les auteurs, pour 41 % et par crainte des virus (et autres joyeusetés), pour 35 %. Autrement dit, la crainte de sanctions, technologiques ou législative reste plus forte, et d'autant que le respect des créateurs est en léger recul, – 42 % en octobre 2013.

 

Le téléchargement licite représente 74 % des usages, contre 22 % pour une pratique mixte – légale et pirate. Ce que pointe l'étude Hadopi/IFOP, c'est que les photos, les jeux vidéo et les livres numériques sont les consommés, dans un mode exclusivement licite – respectivement 90 %, 83 % et 82 %. Les films et vidéos sont bien en-deçà avec 65 %. Pour ce qui est des ebooks, 12 % des répondants pratiquent la consommation mixte, et 5 % exclusivement par le piratage.

 

Mais, autre tendance, les livres numériques sont en progression dans la consommation, de 20 % note l'étude, une première depuis 2011. Une certaine causalité, puisque si les internautes passent par des sites légaux pour s'alimenter, on comprend que, logiquement, cela donne lieu à des achats. 24 % des répondants passent en effet par la solution payante, contre 63 % qui recourent aux solutions exclusivement ou le plus souvent gratuites – ce qui n'implique pas nécessairement du piratage (offre promotionnelle, domaine public, etc.).

 

Selon les données du Syndicat national de l'édition, le livre numérique représentait 4,1 % du chiffre d'affaires global de l'édition, sur l'année 2013.  Les ouvrages à destination des professionnels (publications scientifiques, techniques, médicales ou pédagogiques) comptent toujours pour 56 % des ventes totales, mais la croissance est désormais du côté du grand public. Les ventes de ce secteur ont en effet doublé en 2013, pour atteindre 46 millions €, soit 2,3 % des ventes totales. Dans le cas des publications simultanées numérique/papier, l'ebook représente 5 à 7 % des résultats.

 

Reste que dans ces usages, exclusivement ou le plus souvent gratuits, 76 % sont illicites et 57 % licites. Et cela rentrera probablement plus en adéquation avec ce que ActuaLitté avait dévoilé en début de semaine, concernant la bibliothèque ouverte aux quatre vents, et contenant quelques milliers de titres numériques contrefaits. Toutes les maisons d'édition, ou presque, y passaient, et l'hébergement assuré par les services de cloud de Microsoft, OneDrive, permettait de se servir à l'envi

 

Les éditeurs concernés ont réagi avec un courrier recommandé AR, et nous disposerons de plus amples informations dès lundi. Ce qu'il nous est possible de constater, c'est que Microsoft semble avoir réagi très promptement. Probablement parce que la société travaillerait actuellement à l'ouverture de son propre ebookstore, et que se mettre les éditeurs à dos n'est pas vraiment une bonne position.