Le livre numérique, petit turbulent dans l'édition

Clément Solym - 06.09.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebook - ventes - augmenter


C'est l'enfant terrible de l'édition, le mouflet agité et bagarreur, qui sème la zizanie dans les étagères de bibliothèques bien ordonnées. Pourtant, c'est aussi lui qui tire les ventes outre-Atlantique, apportant une nouvelle atmosphère à l'édition.

La semaine passée, deux chiffres ont fusé : d'abord Random House, qui assure que pour les USA? 20 % de son chiffre d'affaires est généré par les ventes numériques. En parallèle, huit des 20 meilleures ventes de USA Today sont des livres numériques. Et l'on conclut avec Barnes & Noble, qui a clos son premier trimestre avec des ventes de numérique qui ont compensé les pertes de ventes papier.

CQFD, la messe est dite.

Tina Jordan, de l'Association of American Publishers, explique : « Ça a été une année charnière, pour l'ebook. N'importe quel éditeur vous dira que le titre dans les meilleures ventes, pour un auteur reconnu, peut augmenter de 30 à 40 % avec les ventes numériques. » Rien que cela. Et même si les fichiers sont vendus clairement moins cher, il n'en reste pas moins que les résultats sont là.


Chez Random House, on assure que les ventes de livres traditionnels poursuivent leur petit bonhomme de chemin. Après tout, si 20 % du CA est généré par l'ebook, cela laisse encore 80 % qui proviennent du papier. Pas de quoi hurler au bouleversement, simplement en être conscient pour développer de nouvelles offres.

Et continuer d'investir dans des outils et des moyens de proposer des oeuvres nouvelles, issues de créateurs nouveaux.

Pour Scholastic, éditeur étatsunien d'Harry Potter, dont les ventes d'ebooks équivalent à 10 % du CA, l'enjeu est de capter l'attention des enfants sur les produits dont ils se servent. Et ils sont tous sur des appareils technologiques.

Et la grande question de l'automne sera de savoir comment les ventes de livres se répartiront, entre numérique et papier...

De quoi rejoindre ce que dit François Bon : « y en a faudrait qui comprennent que l'édition numérique ça se choisit pas après l'échec papier mais avant l'écriture. » (Twitter)