Le marché russe de l'ebook en hausse malgré la pression du piratage

Julien Helmlinger - 15.07.2013

Lecture numérique - Usages - Russie - Marché - Livre numérique


La Russie n'échappe pas à la crise touchant les habitudes de lecture ainsi que les ventes annuelles de livres. Et si bien que l'administration Poutine a annoncé le mois dernier l'investissement de plus de 100 millions de dollars pour soutenir l'industrie. Mais le marché local de l'ebook aurait quant à lui pratiquement doublé en 2012, pesant 8 millions de dollars, soit un petit 1 % des ventes globales de livres, selon l'Association russe des éditeurs en ligne. Des statistiques néanmoins minées par le piratage qui se serait taillé la part du lion.

 

 

 (CC BY 2.0)

 

 

Petite éclaircie parmi les nuages faisant de l'ombre à l'industrie de l'édition et signe d'une adoption croissante de l'ebook, le marché numérique serait passé de 4,1 millions de ventes annuelles en 2011 à près de 8 millions en 2012. Et comme le rapporte Vladimir Kharitonov, directeur exécutif de l'Association, la population aurait déboursé environ 20 millions de dollars pour s'équiper en lecteurs ebooks.

 

Une adoption des appareils de lecture numérique qui serait concentrée principalement dans les grandes agglomérations comme Moscou et Saint-Pétersbourg, tandis que les provinces rurales resteraient en retrait. Mais le taux d'adoption global, selon les observateurs du marché, devrait continuer d'augmenter considérablement au cours des années à venir.

 

L'une des librairies numériques qui a le vent en poupe, iMobilco, posséderait actuellement 20 % du marché de l'ebook. Mais elle reste largement derrière le leader local, LitRes, qui se serait accaparé à lui seul 60 % du commerce. Son directeur général, Sergei Anuriev, estime que d'ici 2015 le numérique devrait peser 5 % du marché global du livre en Russie, soit 90 millions de dollars.

 

Selon le leader de l'édition russe, Eksmo, ces chiffres pâtiraient cruellement du piratage. La maison soutient que près de 95 % des titres numériques en circulation seraient constitués de fichiers piratés. L'offre légalement disponible comporterait 60.000 titres, contre plus de 100.000 au catalogue des fraudeurs. Et une perte pour le secteur que la maison d'édition estime à près de 120 millions de dollars.

 

La course aux ebooks pirates, ayant conduit dernièrement à la fermeture d'une centaine de sites internet et la destruction de 25.000 liens vers des livres illicites, reste donc à l'ordre du jour du gouvernement et des éditeurs. Et les campagnes marketing incitant les lecteurs à favoriser l'offre légale se succèdent.