Le mobile, moyen d'accès à la lecture dans les pays en développement

Antoine Oury - 25.04.2014

Lecture numérique - Usages - UNESCO - illettrisme - lecture mobile


L'importation d'appareils de lecture mobile dans les pays en développement peut faire lever un sourcil : derrière la philanthropie, la colonisation technologique est parfois bien dissimulée... L'UNESCO publie toutefois une étude menée dans 7 pays en développement, qui conclut que ces équipements pourraient bien sauver la situation dans certains cas, même si le travail ne consiste pas simplement à les mettre entre les mains des populations.

 

 

 

 

774 millions d'adultes, et 123 millions d'enfants seraient en situation d'illettrisme, annonce l'UNESCO, avec un chiffre probablement encore en dessous de la réalité. Et, dans la plupart des cas, annonce l'organisme, un simple accès aux textes serait un moyen suffisant pour combattre cette épidémie. Près de 4000 personnes ont été interrogées à des individus résidant en Éthiopie, au Ghana, en Inde, au Kenya, Nigeria, Pakistan, et Zimbabwe.

 

L'UNESCO tentait de mesurer le taux d'équipement des différentes populations en téléphones mobiles, et les usages qui étaient faits de ces derniers. Notamment en matière de lecture numérique, les appareils permettant l'affichage, même sommaire, de textes. Par ailleurs, nombre d'organismes caritatifs, tel WorldReader, distribuent depuis quelques années des dispositifs électroniques de lecture.

 

Les principaux résultats de cet examen approfondi font apparaître un goût pour la lecture, qui s'exprime très bien via les écrans des appareils mobiles. Par ailleurs, la lecture pour les enfants devient une activité récurrente, dès lors que le matériel adéquat est à disposition. Et facilite donc la création d'une habitude et d'une inclinaison pour la lecture chez les plus jeunes.

 

Visiblement, les romances seraient en tête des ouvrages les plus lus, devant des livres plus traditionnellement religieux, la Bible en tête. Toutefois, les statistiques de recherche suggèrent que le terme le plus recherché n'est autre que « sex », suivi par « Bible » et « biology ». Le cocktail parfait...

 

Pour les besoins de l'étude, l'UNESCO a fait appel à WorldReader, en partenariat avec Nokia, le constructeur de téléphones. L'UNESCO assure que ce goût pour la lecture semble s'installer pour la durée, une fois les possibilités d'accès découvertes, et assurées.

 

L'UNESCO a mis en ligne une infographie résumant quelques points de cette étude (merci aux Presses Électroniques de France). En dessous, l'étude complète.