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Le modèle de lecture numérique par souscription

Julien Helmlinger - 06.05.2013

Lecture numérique - Usages - Lecture numérique - Abonnement - Souscription


Le droit de propriété s'est généralement imposé dans le domaine du livre imprimé. Mais à l'ère du numérique en revanche, les usages pourraient bien basculer vers un modèle commercialisant l'accès à l'ebook plutôt que la réelle possession du bien culturel. La musique a donné le tempo, avec des programmes comme Netflix ou Spotify, et leurs fichiers accessibles contre abonnement payant ou non. Il reste à vérifier si le marché du livre suivra la même voie, celle empruntée par Safari Books, Cyberlibris ou encore Youboox.

 

 

 

 

Positionné sur ce créneau, Safari Books propose d'ores et déjà son catalogue de livres numériques contre souscription. Et depuis 2001, avec des titres versant principalement dans la technologie, l'entreprise ne connait pas la crise. 

 

Des avantages pour le lecteur

 

Selon son président Andrew Savikas, la viabilité du modèle se vérifie par l'observation de deux phénomènes. Il énumère la familiarisation progressive des consommateurs avec le livre numérique, ainsi que l'acceptation grandissante du principe d'accès temporaire aux contenus dématérialisés, notamment dans les domaines de la vidéo et de la musique.

 

Parmi les avantages de commodité qu'offre ce principe de consommation, on pourrait considérer l'absence de la contrainte liée aux DRM, avec un environnement de stockage a priori protégé ainsi qu'un renforcement de l'interopérabilité des contenus avec les divers appareils de lecture. Si certains lecteurs expriment des réticences à payer pour l'ensemble d'un catalogue, ce frein devrait pouvoir céder face à des offres plus modulables.

 

Et pour le secteur de l'édition

 

Les éditeurs, quant à eux, sont rémunérés en fonction du nombre d'affichages de pages, ce qui peut leur rapporter de véritables revenus, dans la mesure ou un usager abonné n'a aucune raison de limiter ses consultations pour faire des économies. Une solution que l'édition pourrait également mettre à profit pour pénétrer le marché des bibliothèques et autres institutions gouvernementales.

 

Comme l'affirme le président de Safari Books, la formule aurait permis à ses éditeurs partenaires d'accroître le rendement de leurs catalogues numériques. Et tandis que les consommateurs ne manquent désormais plus de moyens d'accès mobiles, les niveaux de consultation tendraient à devenir constants, et ce, tout au long de la semaine.

 

Des spécificités à l'international

 

Le modèle se développe principalement depuis les États-Unis, mais les déclinaisons à l'international pourraient cependant souffrir de spécificités locales. Les contrats d'édition américains, passés entre éditeurs et auteurs, prévoient des redevances aux auteurs basées sur les revenus perçus pour la vente des oeuvres.

 

En revanche, dans les pays de l'Union européenne, comme au Québec, on a coutume de rémunérer les auteurs sur la base du prix suggéré de vente d'un exemplaire complet. Ce qui pourrait impliquer quelques complications de transposition, sur le modèle d'accès contre souscription.

 

Si les avantages semblent désignés pour l'industrie du livre comme le consommateur, le principe devrait avoir de beaux jours devant lui. Mais il reste à trouver les solutions pour adapter localement ce modèle économique, en termes de redistribution de la valeur d'accès aux éditeurs ainsi qu'aux détaillants.