Ultra Pocketbook : scanner des oeuvres sous droit en toute légalité ?

Nicolas Gary - 12.05.2014

Lecture numérique - Lecteur eBook - PocketBook Ultra - scanner - OCR


Une nouvelle salve de capture en provenance du prochain appareil de Pocketbook vient de fuiter, et le site russe The Ebook, s'est empressé de les diffuser. Ce sont neuf captures d'écran présentant ce qui ressemblerait fort à la nouvelle interface du PocketBook, et les modifications apportées aux fonctionnalités. Les principaux changements semblent porter sur le menu bibliothèque et le lecteur principal. Aucun projet de mise à jour du firmware n'est encore annoncé.

 

 

 

 

 

Sauf que, pour certains, et le Digital Reader en tête de file, l'une des mentions dans l'iconographie semble confirmer les premières rumeurs d'un lecteur ebook doté d'un capteur photo - lequel devait aller de pair avec un logiciel de numérisation, option Reconnaissance de Caractères. 

 

Le prochain lecteur ebook de la firme ukrainienne est baptisé le Ultra, et disposera d'un écran à encre électronique Carta. Et ce que les précédentes fuites avaient suggéré, c'est qu'il serait équipé d'une caméra à l'arrière, et de capacité d'OCR. 

 

 

 

 

En effet, couplé à un logiciel interne de reconnaissance de caractères, il pourrait permettre de scanner une page, avant de pouvoir l'afficher sur l'écran de son lecteur. Reste à voir, à présent, si cette fonctionnalité a de beaux jours devant elle : d'abord, parce qu'il reste à tester son efficacité.

 

Or, on retrouve bien le mot KAMEPA, soit Camera, phonétiquement, écrit en cyrillique, sur les captures d'écran. Ce qui semble confirmer l'hypothèse. En France, selon l'article 122-5 du Code de la propriété intellectuelle, il est permis à un consommateur de pouvoir réaliser une copie numérique, d'une oeuvre, à condition d'être le détenteur de l'appareil permettant la numérisation.  

Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :

1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ;

2° Les copies ou reproductions réalisées à partir d'une source licite et strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique ;

 

Notons, à ce titre, qu'il est strictement interdit de confier un livre papier à une société, qui facturerait la numérisation et la transformation en ouvrage numérique. Le Ultra permettrait donc à son possesseur d'être dans les clous de la législation française, en offrant une solution de lecture numérique, mais également de numérisation instantanée ? 

 

Rêvons un peu…

 

Dans le même ordre d'idée, et pour généraliser la numérisation, en toute légalité, des oeuvres que l'on possède, Lionel Maurel, de la Quadrature du Net, avait envisagé la création d'une Copy Party Licence, qui serait l'extension du concept de GPL, la General Public Licence, licence conçue par Richard Stallman. « Cette licence dirait : ‘Moi, propriétaire [NdR : de l'appareil de numérisation], tout le temps que vous utiliserez cet appareil, vous serez vous le propriétaire. » L'idée se défend, et autoriserait un particulier qui ne disposerait pas de son propre scanner à livres, de pouvoir, pour son usage personnel, numériser les livres qu'il a achetés. Il s'expliquait au micro de ActuaLitté, en octobre 2013 :