Le patron d'un site de streaming amnistié

Xavier S. Thomann - 27.02.2013

Lecture numérique - Législation - Brian McCarthy - Texas - Amnistie


En 2011, le site Channelsurfing.net a dû fermer, et pour cause il répertoriait des liens vers d'autres sites sur lesquels on pouvait accéder à des émissions sportives en direct. Un streaming parfaitement illégal, ce qui avait mis le gérant du site dans une situation peu enviable. 

 

 

 

 

On vient d'apprendre que les autorités fédérales américaines ont décidé de ne pas poursuivre la procédure contre Brian McCarthy, un Texan d'une trentaine d'années. Jusqu'à présent McCarthy devait répondre à des accusations de non-respect des copyrights, une activité criminelle. L'accusation expliquait que l'intéressé avait « sciemment enfreint le copyright dans le but de faire un profit. » 

 

En ces temps de lutte contre le piratage (c'est en tout cas ce que le discours officiel veut nous faire comprendre), cette amnistie peut paraître étonnante. En réalité, les deux partis ont travaillé à un accord, dont une copie a été obtenue par le site Torrent Freak. Cet accord n'explique pas toutefois pour quelles raisons la procédure n'a pas suivi son chemin normal. 

 

Tout ce que l'on sait c'est que cet accord est dans « l'intérêt » de l'État et du patron du site. Mais pour que le deal tienne et qu'il échappe aux cinq années de prison, l'ancien « pirate » devra faire preuve de bonne volonté, autrement dit respecter la loi et rechercher un boulot légal. C'est toujours mieux que d'aller en prison. Sauf que McCarthy doit rembourser ce qu'il a gagné, soit environ 350,000 dollars. 

 

On ne sait si l'intéressé est en mesure de rembourser la somme. Reste que, le jour où Kim Dotcom se fera pincer pour de bon, la note risque d'être très salée. Car difficile de comparer Channelsurfing avec les créations de Kim, qui rapportent beaucoup plus d'argent. Faudra-t-il s'attendre à la peine de mort ? Il faut dire qu'à Hollywood et ailleurs on ne plaisante pas avec le copyright. 

 

En sanctionnant ce McCarthy, l'administration américaine fait passer un message assez clair. Même si vous ne diffusez pas directement du contenu illégal (mais que vous donnez les liens pour le trouver), vous allez passer un sale quart d'heure. Les personnes à l'origine de NinjaVideo vous le confirmeront, certains d'entre eux dorment dorénavant derrière les barreaux.