Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

medias

Le piratage de livres coûterait 200 millions € aux éditeurs d'Espagne

Clément Solym - 19.12.2016

Lecture numérique - Usages - Espagne piratage livres - contrefaçon mesures législatives - lecteurs pédagogie livres


Si le chiffre d’affaires du secteur a augmenté de 3,5 % entre 2013 et 2015, l’édition espagnole est toujours la proie d’un piratage massif. Selon les données présentées par le président du Gremio de Editores de Cataluña, Patrici Tixis, la contrefaçon coûte 200 millions € par an aux éditeurs.

 

Rail Piracy

domaine public

 

 

Pour l’année 2015, 5 % du chiffre d’affaires de l’industrie du livre en Espagne proviennent du livre numérique. Considérant que 24 % des lecteurs reconnaissent avoir lu des ebooks, cela signifierait que 19 à 20 % contournent les solutions de vente. Et le président de préciser qu’en 2015, 390 millions de téléchargements illégaux ont été enregistrés contre 355 millions en 2014. 

 

Alors que faire ? D’abord, profiter des bonnes nouvelles. Ainsi, la décision de Bruxelles que d’autoriser les États membres à harmoniser le taux de TVA ebook sur celui des livres imprimés est une occasion de se réjouir. « Ce sont d’excellentes nouvelles qui devraient permettre de dynamiser le marché des livres numériques », assure le président Tixis. En effet, un ebook facturé 9,90 € pourrait ne plus coûter que 8,51 €.

 

Ventes de livres en Espagne : 2015, une belle année, mais...

 

Cette transition autorisera en effet les éditeurs espagnols à facturer leurs ebooks à 4 % de TVA contre 21 % actuellement. Toutefois, la mesure ne suffira certainement pas à encourager la consommation de biens numériques. Les outils législatifs peuvent en revanche représenter une solution efficace.

 

À ce jour, les peines pour contrefaçon peuvent aller jusqu’à 600.000 € – quelque peu dissuasif. Mais il faudrait aller plus loin, notamment en passant par des accords avec les fournisseurs d’accès à internet : couper les ressources publicitaires des sites fait partie des solutions mises en avant. 

 

Dans le même temps, c’est la pédagogie auprès du public qui représente un véritable enjeu. Inclure des notions autour de la propriété intellectuelle dans les programmes scolaires fait partie des outils les plus immédiats. Selon le président du Gremio, même le personnel enseignant, dans certains cas, encourage le piratage. 

 

La clé réside dans la capacité, pour le système judiciaire, de disposer d’un modèle efficace pour mettre hors ligne les sites illégaux. Et Patrici Tixis de citer le comportement des Britanniques, où l’efficacité serait plus grande.

 

Tixis souligne également la nécessité de mettre en place des mesures incitatives en faveur de la lecture. Le département de la Culture en Espagne avait précédemment lancé une campagne incitant les jeunes de 6 ans à acheter des livres. Un succès, puisque 32.000 des 80.000 enfants impliqués réalisaient leur premier achat, tandis qu’un tiers n’avait jamais mis les pieds dans une librairie. 

 

« Selon l’Institut national de la statistique, un Espagnol consacre environ 4 heures à la télévision, et un peu moins de 15 minutes quotidiennement à la lecture », souligne Trixis. 

 

Le piratage reste un enjeu majeur majeur depuis plusieurs années. L’Espagne notait en effet en 2013 que la contrefaçon était sept fois plus importante qu’en France

 

via El Economista