Le programme de l'IDPF : EPUB 3, DRM et autres acronymes

Clément Solym - 07.06.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - IDPF - EPUB 3 DRM - protection numérique


Le Book Expo America, qui se déroule en ce moment même à New York, a accueilli l'International Digital Publishing Forum (IDPF), association non lucrative qui vise à développer des standards pour la lecture numérique, pour lui permettre de présenter ses dernières conclusions. Le format EPUB 3 reste au centre des préoccupations, mais l'IDPF poursuit également ses recherches en matière de protection des contenus.

 

Markus Gylling, le responsable des technologies de l'IDPF, a d'abord tenu à calmer les ardeurs : l'EPUB 4 n'est pas pour tout de suite. « Nous allons publier une série de mises à jour dès cet automne » a ainsi expliqué Gylling : l'IDPF veut soigner son format, sans toucher ou presque à sa structure de base. L'ajout de fonctionnalités annexes, mais pas forcément secondaires est plus à l'ordre du jour, avec notamment l'intégration facilitée de dictionnaires et d'index, « actuellement un point faible des ebooks. »

 

 

Conséquence attendue, l'IDPF compte sur son partenariat avec Google pour proposer aux éditeurs des outils pour éviter l'anarchie dans la conception et la mise en page des fichiers EPUB : EpubCheck, un outil de validation, en est ainsi à sa version 3.0, (voir notre actualitté) et l'IDPF a promis un kit complet d'outils en Widget. Par ailleurs, Google travaille sur une mise en page à l'interopérabilité renforcée, capable de s'adapter aux appareils de lecture.

 

« Les EPUB 3 sont désormais des logiciels, qui utilisent les mêmes technologies open source que le web. Mais les livres ne sont pas des pages web, ils utilisent des modèles de traitement différents » a expliqué Roger Webster, de Barnes & Noble, lui aussi partenaire de l'IDPF. L'utilisation de Javascript (langage de programmation pour insérer des éléments dynamiques dans une page web), par exemple, exige la création d'interfaces de programmation pensées pour l'EPUB 3.

 

L'IDPF s'est également penché sur l'épineuse question de la protection du contenu numérique, dans le but, encore une fois, de faciliter l'interopérabilité des fichiers EPUB. « Il y a, actuellement, au moins 7 types de DRM selon les différentes plateformes de livres numérique » a remarqué Bill McCoy de l'IDPF, une situation qui empoisonne la vie des utilisateurs, certes, mais aussi des programmeurs. Les intervenants ont distingué les deux types de protection envisageables : la protection proactive, qui se caractérise par le cryptage, la liaison d'un fichier à un appareil spécifique, ou encore la chronodégradabilité, et la protection réactive, qui laisse plus de liberté au lecteur, mais se base sur la collecte d'informations (nom, numéro de série du fichier...), qui permettront éventuellement de l'identifier - et de le punir - en cas d'infraction du copyright.

 

L'association a laissé entendre qu'elle se tournerait vraisemblablement vers le tatouage numérique (watermarking, basé sur les données personnelles) ou l'empreinte digitale (fingerprinting, basé sur un algorithme de reconnaissance du fichier), dans le but, encore une fois, de définir un standard en la matière. Si l'abandon des DRM reste dans la ligne de mire de l'IDPF, les responsables ont souligné leur volonté de proposer, dans ce domaine comme dans les autres, des solutions open-source, notamment un tatouage numérique crypté pour garantir la confidentialité des informations. « L'IDPF aurait dû s'atteler à cette question depuis longtemps » ont reconnu les intervenants.