Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le remède aux immondes couvertures des livres du domaine public

Antoine Oury - 10.09.2014

Lecture numérique - Usages - couvertures ebooks générateur - livres numériques cover - moches immondes affreuses


Le domaine public fait énormément pour la transmission et la diffusion de la culture, mais cela coûte bien souvent aux œuvres une part non négligeable de leur attractivité. En effet, les différentes versions des œuvres du domaine public apparaissent souvent sans couverture, ou avec un design minimaliste, faute de temps, d'outils ou d'argent. La New York Public Library propose une solution à ce fléau.

 


Les couvertures moches du domaine public, sur In Libro Veritas

 

 

Que cela soit bien clair : juger un livre à sa couverture, c'est mal. Mais impossible de nier que l'image entre en compte, lorsqu'il s'agit de choisir ses prochaines lectures. Dans le cas du domaine public — outre les grands noms — la découverte d'écrivains obscurs, mais de valeur, semble encore plus dépendre de la présentation de l'ouvrage.

 

Certes, les éditeurs de livres numériques se soucient plus de la qualité du fichier, mais dans le cas du domaine public, les différentes éditions proposées gratuitement sont souvent très moches. 

 

Ainsi, la librairie In Libro Veritas génère la même couverture pour tous ses titres, peu avenante. 

 

Balzac en fait les frais, mais cela changerait presque de la photographie que l'on retrouve sur pratiquement sur tous les titres de l'auteur — dont ces intégrales, vendues (!) dans l'ebookstore de Kobo. Payer pour se griller les yeux, franchement... Autant aller au ski.

 

Sur Bibebooks, même sentence pour les ouvrages du domaine public, avec une couverture façon Collection blanche de Gallimard — plagier un tel vide, la honte.

 

 

 

 

Bref, les auteurs du domaine public ne sont pas les mieux lotis en matière de visuels, à l'exception de quelques librairies, comme Feedbooks, qui s'attache à designer proprement ces œuvres. 

 

Pour remédier à cette maladie numérique, la New York Public Library vient de mettre au point deux « Ebook cover generators », autrement dit des créateurs automatiques, ou presque, de couvertures de livres.

 

Les deux outils ont été créés par Mauricio Giraldo Arteaga, codeur au sein des laboratoires numériques de la bibliothèque. Le premier permet de créer des couvertures présentant différents motifs inspirés du clavier du Commodore PET, un des premiers ordinateurs de Commodore.

 

 

 

 

Bon, OK, pas sûr que cela améliore la condition des écrivains passés dans le domaine public.

 

Le second semble bien plus intéressant, puisqu'il permet d'ajouter facilement une image à la couverture d'un livre, d'y ajouter un filtre de couleur, ainsi qu'une bande translucide sur laquelle apparaissent titres et auteurs. Le programme permet de repérer les images intégrées dans un fichier EPUB, afin d'en faire une couverture digne de ce nom. Un algorithme pourra même trier les images pour ne retenir que celles présentant un visage, afin de se rapprocher des couvertures légendaires de Chris Marker et Jason Simon pour la collection « Petite Planète ».

 

 

 

 

Les deux générateurs peuvent être téléchargés sur le GitHub de Mauricio Giraldo Arteaga, et sont utilisables avec Processing. Il existe également une version iOS du premier.

 

Des images libres de droit des titres de l'Internet Archive sont également disponibles sur Flickr, et il y en aura bientôt 12 millions. Alors, plus d'excuses.

 

Tiens, mais d'ailleurs...

 

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