Le réseau BitTorrent incarne “la plus grande organisation criminelle au monde”

Nicolas Gary - 01.08.2017

Lecture numérique - Législation - BitTorrent internet piratage - piratage menace monde - droit auteur copyright


La fin du monde approche, à grands pas : d’ici un milliard d’années, peu ou prou, la Terre sera une étuve. En attendant, il faut bien que les avocats mangent. Un cabinet engagé dans une affaire de violation de propriété intellectuelle a régalé internet d’une analyse croustillante. À table !


Apocalyspe Canal
Arthur Caranta, CC BY SA 2.0


 

Deux idées coexistent : la première veut qu’une œuvre piratée soit une vente perdue. La seconde, qu’une œuvre partagée soit un enrichissement collectif. Entre les deux, une forme de vérité existe probablement. Mais les avocats sont avant tout commissionnés pour réclamer des indemnisations, reposant sur la première hypothèse.

 

Les tribunaux américains voient ainsi fleurir des procédures parfois abusives, mais désormais, réservent un sort tout particulier aux Copyright Trolls – ces acharnés, flirtant avec la mauvaise foi. Voire, s’y vautrant. 

 

En effet, les internautes accusés de violation du droit d’auteur sont présentés comme des criminels de haute voltige, dont les ravages perpétrés dans l’industrie du divertissement deviennent cataclysmiques. Et face à eux, les artistes deviennent les victimes brandies par les ayants droit, dont l’existence même est menacée par ces entreprises criminelles.
 

La fin du monde... la fin du monde...

 

Au Nevada, une affaire de ce genre est en cours : cinq personnes sont inculpées d’upload illégal, et de n’avoir pas réagi quand l’ayant droit s’est manifesté. Selon les avocats du plaignant, LHF Productions, le préjudice s’élève à 15 000 $ par accusé – 75 000 $ donc. Un beau geste, d’ailleurs, de la part des plaignants : ils assurent qu’ils étaient en droit de réclamer 150 000 $. La moitié suffira, pour « dissuader de futures infractions ».

 

Mais ce qui est amusant, c’est la manière d’exposer la situation : « Les défenseurs participent à un réseau mondial de piratage composé de 150 millions de membres – une communauté qui menace de détruire les structures fondamentales de la propriété intellectuelle. » En somme, les utilisateurs de BitTorrent incarneraient la plus grande organisation criminelle au monde. 
 

T411, outil pour auteurs : “Pas de bruit autour de votre livre ? Il meurt, asphyxié”


Et c’est d’ailleurs ce qu’affirment les plaignants : « Bien que les actions de chacun, prises individuellement, semblent inoffensives, leur action prise collectivement équivaut à l’une des plus grosses entreprises criminelles jamais vues sur Terre. »
 

Comment le piratage parvient à augmenter les ventes de certains mangas


La diatribe ne s’arrête pas en si bon chemin : « Si cette culture omniprésente du piratage se voit autorisée à être disculpée, encore et encore, elle menace de défaire des siècles de droit de propriété intellectuelle, et de saper l’un des piliers fondamentaux de notre économie. En somme, le droit de la propriété intellectuelle était quelque chose de si fondamental, si essentiel dans la fondation de notre nation, que nos pères fondateurs ont jugé nécessaire de l’inclure dans le premier article de notre Constitution. »

 

Exactement : juste avant le deuxième amendement, qui lui autorise le peuple à porter des armes.




via Torrent Freak