Le rôle "traditionnel" des libraires numériques

Clément Solym - 29.08.2012

Lecture numérique - Usages


Un libraire dans une librairie, on sait tous, plus ou moins, en quoi ça consiste. Un libraire dans une librairie virtuelle, on voit déjà beaucoup moins ce que ça peut donner. À se demander s'il existe bien une personne physique derrière tout ça ou si tout est automatisé.

 

Le journal italien Graphomania s'est penché sur la question. Pour cela, il a interviewé Ciccio Rigoli, un libraire virtuel en chair et en os. Dans son métier, il est assisté par Lucie Zitelli. Qu'est-ce donc qu'un libraire numérique ? Car si je télécharge un ebook à 2 h du matin, cela deviendrait complètement étonnant qu'une personne se charge de l'envoi.

 

« La librairie fonctionne comme n'importe quelle autre librairie en ligne pour les commandes », c'est-à-dire par un système automatique d'enregistrement et d'envoi. « Les libraires sont utilisés pour apporter un soutien aux lecteurs en cas de besoin (par exemple, pour faire face à la détestée DRM), [...] pour donner un visage humain à une librairie numérique et pour fournir des conseils de lectures qui ne sont pas calculés par des algorithmes », ajoute Ciccio Rigoli. Le but étant ainsi de garder et de partager « sa propre sensibilité en tant que libraire ».

 

Pour Ciccio Rigoli, les libraires « virtuels » doivent être capables de respecter la tradition et « de donner des conseils intelligents et sensibles » aux lecteurs. « La principale différence réside dans le choix », déclare-t-il. Car dans une librairie physique, les étagères contiennent un certain nombre d'ouvrages qui constitue la bibliothèque du libraire. « Alors que le livre n'a pas cette limitation chez nous, nous pouvons avoir tous les livres ».

 

« Nous gardons le même échange avec les clients, principalement par courrier électronique et par le biais des réseaux sociaux. Et aussi par les commentaires ».

 

Selon Ciccio Rigoli, l'industrie numérique est plutôt bonne. Les problèmes qu'éprouvent encore certains utilisateurs à l'achat d'ebook sont la difficulté à comprendre qu'avec l'achat d'un livre, et du coup, d'une licence, « vous ne pouvez pas lire n'importe où avec votre programme favori ». Le souci majeur c'est donc la DRM. « Je ne comprends pas moi-même ce comportement de la part des éditeurs, des auteurs et des agents littéraires à ne pas vouloir enlever les DRM ».

 

Coordinateur du projet Ultima Books Pro, ce libraire défend la vente d'ebook en librairie physique.

 

« Beaucoup ont encore peur, mais nous avons aussi beaucoup de librairies impliquées dans le projet (qui devrait commencer prochainement). En fait, il suffit de comprendre que l'ebook n'est pas un ennemi, mais une occasion de plus pour le libraire qui pourrait apporter plus de livres aux lecteurs, en plus de ceux déjà présents dans sa librairie. L'ebook n'est pas un ennemi du livre imprimé, ainsi que le livre de poche n'est pas un ennemi du livre relié, mais une occasion différente ».