Le Syndicat des Écrivains de Langue Française se ranime

Clément Solym - 26.06.2012

Lecture numérique - Législation - Self - auteurs - association


C'est ce soir même qu'a eu lieu la première assemblée générale du Syndicat des Écrivains de Langue Française « nouvelle génération ». En sommeil « quasi léthargique depuis 6-7 ans » d'après les propres aveux de Benjamin Lambert, son dernier président, le SELF va être réactivé pour proposer aux auteurs un nouvel organisme de conseils et de représentation, pas de trop en cette période de négociations (houleuses) autour de l'exploitation numérique des oeuvres.

 

Rassemblés dans les sous-sols du Motif, les participants à cette réunion de relance du SELF représentent tout ce que le terme « écrivain » peut recouvrir, et même un peu plus : auteurs de BD, scénaristes, romanciers, essayistes, artistes multimédias, chroniqueurs, enseignants ou juristes se sont installés autour de la table, ou devant leur webcam pour assister à distance à l'événement.

 

 

« Tout le boulot que vous avez fait dans les années 80 est en train d'être démantelé » lance Yal Ayerdhal à Yves Frémion et Benjamin Lambert, deux « anciens » du SELF. Entre la loi sur les oeuvres indisponibles et les contrats d'édition numérique, il y a fort à faire, surtout après l'échec des négociations entre éditeurs et auteurs. (voir notre actualitté

 

L'association de fait Le Droit du serf a été reçue par le cabinet Livres et Lecture du Ministère de la Culture il y a quelques semaines, (voir notre actualitté) mais « on ne pouvait pas faire officiellement partie des négociations » nous explique Ayerdhal, « il nous fallait donc ce statut de syndicat pour pouvoir obtenir l'écoute nécessaire, mais aussi les documents ou les informations. Pour certaines associations, il devient difficile de se faire entendre avec la SGDL qui a tendance à mener les négociations toute seule. »

 

Investir le SELF est une solution qui a l'avantage de satisfaire tout le monde : « La structure du SELF est investissable et il y a des gens motivés pour le relancer, c'est parfait » souligne Yves Frémion après un historique de la structure. Mais « c'est aux auteurs de se défendre » précise-t-il, « et le syndicat doit les soutenir en apportant ses conseils. »

 

Visiblement, la recommandation est passée, et les auteurs n'ont pas l'air de vouloir en démordre. Prochaine étape : l'adhésion au Conseil Permanent des Écrivains, aux côtés du SNAC ou de la SGDL, afin de pouvoir peser dans les négociations. En attendant, le site Internet en construction du Syndicat fournira aux membres, ou aux membres potentiels, toutes les informations nécessaires.