Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le téléchargement direct privilégié par les pirates de livres

Antoine Oury - 25.07.2017

Lecture numérique - Usages - piratage livres - pirates livres - piratage livres CSP+


Fin juin, la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, mieux connue sous le nom de Hadopi, faisait le point sur les risques encourus en se livrant au téléchargement illégal d'œuvres sur le web. Pas des risques face à la justice, mais des risques liés à la sécurité informatique. L'étude permet aussi de faire un point sur les pratiques en vigueur pour le téléchargement de livres.


Téléchargement illégal
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Réalisée à l'aide de l'institut Ifop, l'étude d'Hadopi visait donc à évaluer les risques informatiques liés au téléchargement illégal d'œuvres sur Internet.

 

La Hadopi a fait appel à deux échantillons : le premier et principal rassemble 1 021 internautes de 15 ans et plus, dont 282 personnes se déclarant consommateurs illicites, et le second, un sur-échantillon pour disposer de résultats plus détaillés, ne rassemble que des consommateurs aux usages illicites, 516 au total. Ce sont donc 798 consommateurs illicites que la Hadopi a interrogés.

 

L'échantillon principal est représentatif du profil de l'internaute français, résumé par la Hadopi dans le tableau ci-dessous.

 


 

Premier constat tiré de l'étude de la Hadopi, peu surprenant : la consommation dématérialisée de livres reste une pratique à la marge. Sur l'échantillon de 1 021 internautes, 76 % ont consommé au moins un type de produits culturels dématérialisés au cours des 12 derniers mois, mais seulement 18 % au moins un livre numérique (contre 53 % pour la musique, en comparaison). Le livre arrive en dernière position, derrière le jeu vidéo (32 %).

 

Toujours sans surprise, car c'est le profil qui se dégage depuis des années, le lecteur de livres numériques a de grandes chances d'être jeune (entre 15 et 34 ans), membres de professions et catégories socioprofessionnelles supérieures et Parisien (le tableau complet est disponible page 11 dans le document ci-dessous).

 

Auprès des consommateurs de produits culturels dématérialisés, la Hadopi relève 46 % d'entre eux qui se déclarent toujours légaux et n'ont jamais téléchargé illégalement, contre 36 % de consommateurs illicites actuels. L'âge moyen du téléchargeur illicite fréquent est 33 ans, puis cet âge croît au fur et à mesure de l'apparition de la légalité : 38 ans pour les illicites occasionnels, 39 ans pour ceux qui consommaient de manière illicite, mais ont arrêté... Les consommateurs illicites actuels ont en majorité entre 15 et 34 ans, signale la Hadopi.

 

Revenons au livre : parmi les 18 % d'internautes qui ont consommé un livre numérique dans les 12 derniers mois, 85 % l'ont fait légalement, 10 % de deux manières, légale et illégale, et 5 % de manière exclusivement illégale. Encore une fois, le livre apparaît comme épargné, par rapport aux films, à la musique et surtout aux séries TV, aujourd'hui.

 

16 % des consommateurs illicites réguliers téléchargent ou lisent des livres de manière illégale, contre 7 % des consommateurs illicites occasionnels.


Pourquoi pirater des livres numériques ?

 

La consommation illicite de livres se fait majoritairement par l'intermédiaire d'un téléchargement direct, à 57 %, contre le streaming, à 16 %. 26 % de cette consommation illicite se fait à la fois en streaming et en téléchargement direct. Des résultats qui montrent aussi que le piratage par téléchargement direct, à l'aide d'un lien, est bien plus répandu pour la lecture que le streaming, qui, s'il est disponible sur certaines plateformes, y compris légales comme Calaméo, reste plus rare.

 

Sur les risques encourus en téléchargeant de manière illicite des livres sur internet, les 1 021 internautes interrogés considèrent que c'est l'activité la moins risquée, parmi toutes les œuvres dématérialisées (4,9/10, 10 étant le plus risqué).


Comment le vilain pirate d'ebooks se retrouve victime d'une arnaque

 

Plus de données sont disponibles dans l'étude ci-dessous, qui montrent notamment que la peur des nuisances et autres infections virales est presque aussi dissuasive que celle de la riposte judiciaire...