Le type qui vous gâche le plaisir en racontant la fin de l'histoire est foutu

Clément Solym - 09.04.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - brevet Google - spoiler filtrer - raconter fin histoire


Voilà : on vient de vous raconter la fin de l'histoire : les 30 pages qui vous séparaient du grand dénouement deviennent alors totalement inutiles. Baptisée spoiler, du verbe to spoil, gâcher, et traduit par les Québécois avec le terme divulgâcheur, cette pratique est devenue un calvaire à cause d'internet. Mais internet a la réponse.

 

 

 

 

Précisons tout de suite que spoiler tire ses racines du latin, spoliare, qui a donné en français spolier : autrement dit, le terme n'est pas un strict anglicisme. Bien. Ce qui ne change rien au problème : se faire gâcher le plaisir en apprenant trop tôt la fin d'une série, d'un roman, etc., n'a rien d'agréable. 

 

Google vient d'obtenir un brevet scandaleusement intéressant, pour remédier à ce mal moderne. Et le tout repose sur des données personnelles, bien évidemment, qui, croisées les unes aux autres permettraient de protéger le consommateur de tout divulgâchage.

 

L'idée de concevoir un outil technologique en mesure de contrecarrer toute tentative de spoiler est assez fascinante : le filtre qui serait apposé identifierait en effet tous les spoilers concernant émissions de télévision, livres, films, et supprimerait alors des réseaux sociaux de l'utilisateur, jusqu'à ce qu'il soit à jour dans ses divertissements.

 

Mais il ne s'agit pas simplement d'un filtrage d'informations, reposant sur des mots clefs. L'idée est bien que l'utilisateur puisse informer la technologie de l'avancée de ses lectures, et bloquer alors toute divulgation d'information, en anticipant automatiquement les renseignements inconnus. 

 

Par extension, un lecteur ebook connecté pourrait communiquer plus facilement encore les données sur la lecture, et alimenter l'anti-spoiler en renseignements. Mais on se demande encore comment Google pourrait filtrer des informations sur des réseaux sociaux qui ne lui appartiennent pas. 

 

Un porte-parole de Google a assuré que ce brevet, comme de nombreux autres détenus par la société, faisait partie des pistes de réflexion de la firme. Mais tous, heureusement, n'aboutissent pas à des produits spécifiques. 

 

Voici le brevet en question

 

Reste que, la meilleure manière de ne pas se faire divulgâcher quoi que ce soit, c'est encore de ne pas chercher d'informations, ou de déconnecter des réseaux sociaux.