Lecteurs ebook : L'encre électronique ne coule plus (autant) de source

Nicolas Gary - 19.08.2013

Lecture numérique - Lecteur eBook - encre électronique - résultats financiers - E Ink Holding


La firme E Ink Holding est sans conteste leader dans l'approvisionnement des constructeurs en écran à base d'encre électronique. Alors qu'une technologie Pearl 2 doit voir le jour prochainement, et que les écrans souples semblent au coeur des développements, les résultats financiers de la société font jaser, commenter et surtout donnent lieu à toutes les spéculations.

 

 

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daz smith, CC BY 2.0

 

 

La firme E Ink Holding est sans conteste leader dans l'approvisionnement des constructeurs en écran à base d'encre électronique. Alors qu'une technologie Pearl 2 doit voir le jour prochainement, et que les écrans souples semblent au coeur des développements, les résultats financiers de la société font jaser, commenter et surtout donnent lieu à toutes les spéculations.

 

Amazon, Bookeen, Kobo, Barnes & Noble, Sony : tous ces vendeurs de lecteurs ebook ont en commun de se fournir chez E Ink Holding pour leurs écrans. Et depuis quatre années, la société vient de signer son pire trimestre : pour le T2, les pertes s'évaluent à 1,01 milliard NT$, et les revenus diminuent de 35 % en regard de l'année passée, à 2,93 milliards NT$. 

 

Une diminution de 46 % du chiffre d'affaires en regard de l'année passée, sur le même trimestre, voilà qui crispe légèrement. Et dans un contexte où de plus en plus, la mort des lecteurs ebook est annoncée, au profit des tablettes, les résultats de la société font gloser. La firme considère au contraire que le développement est désormais à rechercher hors du territoire américain. En parallèle, leurs clients auraient prévu des lancements de nouveaux produits pour le troisième trimestre, explique Eddie Chen. 

 

Dans un document fourni aux investisseurs, on constate d'ailleurs que les perspectives de croissance tablent sur le développement des marchés d'Europe occidentale, et d'Asie, avec tout particulièrement le lancement du Kindle en Chine et en Inde. Le Brésil et l'Amérique du Sud ne font pas l'objet de projections particulières en revanche. 

 

"Il y a une très forte croissance qui arrive pour le troisième trimestre", promet un Eddie Chen rassurant 

 

Selon les données IHS présentées, on découvre que les parts de marché pour les territoires cités sont passés de 38 % en 2011, à 54 % en 2013 Et pour le premier trimestre 2103, les ventes de Kobo ont augmenté de 145 % ; outre l'arrivée du Kobo Aura, la distribution des appareils va se poursuivre en Chine, Inde et Russie. 

 

Toutefois, ce même document montre que la société E Ink Holding cherche à développer de nouveaux produits à base d'encre électronique, comme des montres, des écrans souples, justement, pour les journaux. Et se tourne également vers les marchés des téléphones portables et des affichages de type étiquette pour supermarchés. 

 

Des pans qui ne devraient toutefois pas peser plus de 5 % des revenus d'ici la fin de l'année 2013, quanr les lecteurs ebook pesaient pour 70 % du CA durant le dernier trimestre. Et, chose intéressante, sur l'ensemble de l'année, E Ink prévoit d'expédier entre 10 et 15 millions d'appareils à ses clients, soit le même nombre que l'année passée. 

 

Autre point intéressant, en fonction des territoires, voici la répartition en fonction des territoires : 

  • Amérique du Nord: 35%, 
  • Europe de l'Ouest: 27%, 
  • Asie-Pacifique: 27%, 
  • Amérique latine: 6%, 
  • MEA: 3%, 
  • Europe de l'Est: 2%

 

Enfin, la firme table aussi sur le modèle de 13,3 pouces que Sony va lancer. Pour Eddie Chen, aucune inquiétude affichée : « Il y a une très forte croissance qui arrive pour le troisième trimestre. » Cependant, si la recherche d'une diversification des produits proposés intervient, bien que E Ink ne s'en soit jamais caché, la position de la firme, dont le premier client est incontestablement Amazon, apparaît comme mal engagée. Tout cela pourrait n'être qu'un concours de circonstances, mais les enjeux sont particulièrement importants. 

 

Surtout quand les clients sont de plus en plus attirés par des appareils multitâches, avec un contraste plus fort et un écran couleur, en mesure d'aller sur internet. La lisibilité, même en plein soleil, ne saurait être aujourd'hui un argument avec suffisamment de poids. Au cours des deux derniers trimestres, la firme accuse cependant une diminution de ses revenus, du fait que ses clients se tournent de plus en plus vers des tablettes tournant sous Android.