Lecture numérique : plus d'un Français sur quatre lit un ebook piraté

Clément Solym - 18.07.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebook - pirater - france


Le streaming, c'est ce mode de consommation d'oeuvres en instantané, c'est-à-dire, sans avoir à télécharger l'intégralité d'un fichier avant de pouvoir le consulter. En fait, on découvre l'oeuvre à mesure qu'elle est téléchargée. Et pour ce faire, une connexion internet reste indispensable.

Un principe existant également dans le livre numérique - y'a pas de raisons - mais qui a fait fureur dans l'univers de la musique, avec les offres multiples proposées par des Deezer, Spotify, et consorts. Et la progression dans le secteur est nette, comme le souligne le baromètre REC de l'institut GfK. De fait, le streaming s'impose plus dans les usages, en ce qu'il permet d'accéder à une offre gratuite, bien plus qu'il ne convainc comme modèle payant.

Offre légale, illégale et surtout gratuite

Côté Deezer, par exemple, on a dû limiter la quantité de musique disponible gratuitement, avec 5 heures mensuelles, uniquement - là où Spotify avait limité à 10 heures mensuelles, mais avec une limite placée pour un titre à 5 écoutes.


En France, le modèle du streaming se confirme donc, explique GfK, avec, pour le 2e trimestre, 51 % des écoutes de musique qui passent par cet outil - contre 49 % après téléchargement. Sauf qu'économiquement, ce n'est pas encore l'El Dorado : 61 % de nos concitoyens restent sur l'offre gratuite - avant les limitations cependant - sans se poser la question de la légalité. Et seuls 11 % de l'offre musicale donne lieu à un achat.

Le classement GfK place ainsi dans le duo de tête YouTube et Dailymotion pour l'écoute de musique avec vidéo, puis Deezer et Spotify, pour l'écoute seule, et finalement les webradios.

Du côté du livre numérique

Le Syndicat national de l'édition pouvait doucement sourire des chiffres de ventes d'ebooks en France : avec 1,8 % du chiffre d'affaires, on est encore loin d'un marché significatif. Antoine Gallimard avait eu, durant l'Assemblée générale du SNE, cette analyse : « Vous conviendrez avec moi qu'il y a un vrai décalage entre la fascination qu'exerce le numérique aujourd'hui et sa réalité commerciale. Difficile de faire la part entre les promesses crédibles d'ouverture et de croissance de nos marchés et les fantasmes que peut engendrer ce nouvel âge technologique. »

Et de conclure : « N'oublions pas qu'à l'époque de la ruée vers l'or, ceux qui se sont sûrement enrichis ont été les vendeurs de pelles, de tamis et de brouettes. Aujourd'hui, ceux qui s'enrichissent, ce sont les vendeurs de tablettes. » (notre actualitté)

Pas vraiment l'avis du public

Pour autant, le président va devoir déchanter : en effet, selon GfK, si l'essor des tablettes et des lecteurs ebook favorise bien la consommation de livres numériques, l'enquête montre que pour l'heure, 27 % des ouvrages lus sont téléchargés depuis des sites pirates. (Enquête menée auprès de 1000 Français)

Plus d'un ebook sur quatre est donc le fruit du piratage, ce qui devrait mettre les pendules un peu plus à l'heure, concernant la consommation réelle des Français, et non plus simplement les chiffres de vente.

De quoi confirmer par ailleurs l'étude eBookZ 2 menée par le MOTif, qui en mars dernier avait constaté une hausse de l'offre de livres piratés en France, en regard de ce qui avait été observé en octobre 2009. Vincent Monadé, directeur de l'Observatoire, avait alors pointé « une remarque intéressante, sur l'évolution des techniques. Les réseaux de Peer-to-Peer sont délaissés au profit du téléchargement direct ».

« De même, on trouve de plus en plus de fichiers ePub, qui ont été améliorés par les pirates ; ils offrent ainsi des versions numériques de meilleure qualité, en faisant la bascule entre PDF et ePub. Et comme le consommateur est en demande de nouveautés, le travail de piratage va dans ce sens, avec une quasi-disparition de l'oeuvre concernant des ouvrages universitaires, au profit de la littérature, et plus particulièrement des policiers et de la SF. » (notre actualitté)

L'offre gratuite reste plus attrayante

GfK se veut tout de même rassurant : les consommateurs puisent tout de même sur des ressources légales de quoi alimenter leur bibliophagie numérique. Google Books (aïe, mince, non mauvais exemple) ou encore Gallica alimentent à 52 % des cas les lectures de nos concitoyens. Les libraires en ligne représentent eux 41 % des achats. Et l'AFP de citer FNAC, 1001libraires.com ou Chapitre.


D'autre part, la consommation d'ebook par le biais d'application représenterait 10 % de la consommation - applications disponibles depuis un smartphone ou une tablette. Et si la « littérature reste le genre le plus plébiscité », comme l'explique le cabinet, la gratuité est également la part la plus importante de la consommation.

Sur la totalité des ebooks téléchargés, 77 % sont des oeuvres libres de droits, gratuitement disponibles. Pour eux, l'offre libre de droit est amplement suffisante. En face, 3 % des consommateurs achèteraient exclusivement leurs ebooks.




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