Lecture : Protéger nos données personnelles d'applications indiscrètes

Clément Solym - 04.02.2012

Lecture numérique - Applications - voler - données personnelles


L'achat d'une application, opération bête comme chou avec un iPhone, a été la voie royale convoitée par l‘édition : créer des applications-livres qui pourraient offrir une nouvelle aventure dans la lecture. Mais manifestement, au Japon, si le secteur du livre numérique devait croître de 200 milliards de yens en trois ans, la protection des données personnelles serait menacée.

 

Le livre numérique, et son achat, ont toujours posé un problème : celui de l'anonymat. Acheter sur internet, c'est laisser des traces. Mais les traces laissées par l'achat d'une machine à laver ou d'un canapé-lit sont tout de même moins importantes que l'intégrale de Drieu La Rochelle, ou Camus, ou Sappho. Le livre reflète une intimité, un champ de la conscience que l'achat dévoile, ou permet de retracer, dès lors qu'il est effectué en carte bancaire...

 

Quelques applications indiscrètes

 

Départ donc pour le Japon, et l'application Viewn, diffusée par Softbank, proposant des articles de journaux, de la presse, des émissions de télévision. En juin 2010, la firme a mis à jour son appli, et commencé à recueillir des données personnelles, sur ses utilisateurs, sans leur en demander la permission. Il s'agissait alors de stocker les produits consultés. Ce n'est qu'en septembre que la firme commencera à enregistrer plus clairement noms d'utilisateurs et adresses email. 

 

Brain in HandTout cela pour offrir aux clients proposant leurs contenus, une meilleure approche de leurs consommateurs. 

 

Depuis janvier, l'application enregistre désormais encore un peu plus de datas, ayant révisé les termes du contrat d'utilisation, où il est fait mention de cette collecte d'informations personnelles. Pris la main dans le sac, la société s'en tire avec une simple explication : la communication n'a pas été efficace. Mais aucune raison de revenir dessus...

 

Magastore, dans le même genre, permet de télécharger des journaux, magazines et autres. Lancé par une agence de pub, Dentsu Inc., l'application mémorise le temps passé sur tel ou tel article, tel ou tel sujet. Et quand bien même l'utilisateur lirait hors ligne, l'application attend sagement que l'on se reconnecte pour transférer tout ce qu'elle a pu apprendre. Un responsable de Magastore assure que les clients sont avertis, et qu'une option existe pour désactiver la fonction...

 

Enfin, prenons un dernier exemple : Sankei Shimbun, pour la lecture d'articles et de textes. Téléchargée par plus de deux millions d'utilisateurs, elle envoie un maximum d'informations sur l'utilisateur, ses lectures, son temps de lecture, et ainsi de suite. Le tout pour déterminer ce qui intéresse le plus le lecteur, et le gaver par la suite de toutes ces belles choses...

 

On peut faire quelque chose pour vous ?

 

Quittons donc un instant la presse, et ses presse-occupations, pour découvrir l'Association des bibliothèques japonaises, qui compte 3000 membres actifs, et dont le rôle est de protéger les lecteurs et leurs informations personnelles. Tout enregistrement est soigneusement stocké, mais surtout masqué. Kaname Matsuoka, son secrétaire général, explique qu'il est tout à fait compréhensible que les industriels tentent de développer ce type d'approche, mais que pour le bien-être du lecteur, il serait tout de même plus pertinent d'investir dans la création de contenu. 

 

« D'ailleurs, il est difficile de recueillir des informations sur qui lit tel livre. Le livre numérique et les services liés, permettent au prestataire de recueillir des informations détaillées sur les lecteurs que nous ne pouvions pas imaginer avec les livres de papier. Jusqu'à présent, aucun consensus social sur ce sujet n'a été établi. Nous devons développer les arguments sur la manière de protéger notre liberté de lecteur. » (via Yomiuri)

 

Clair et net. Et de son côté, le ministère des Communications, au Japon, explique réfléchir à la question. Puisque certains smartphones sont déjà réputés pour avoir la fameuse tendance d'en dire un peu trop sur leur utilisateur, il faut sévir. Dans le courant du mois de juin, des mesures seront soumises et proposées, pour assurer une certaine protection au consommateur. 

 

Les données personnelles relevant de la lecture, des secrets cachés derrière l'écran, ou des plus grandes banalités et futilités que l'on peut y lire n'ont pas à quitter notre sphère personnelle, c'est certain. Une application, App Milog, avait été accusée de littéralement voler les informations des clients qui la téléchargeaient, en octobre 2011. Et les indélicatesses de la boutique Android Market ne sont aujourd'hui plus à démontrer. 

 

Voilà de quoi plancher pour les ardents parlementaires prompts à dégainer leurs législations de tous crins... 




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