Légal comme une photocopieuse, BookLiberator numérise...

Clément Solym - 21.07.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - bookliberator - numeriser - livre


Qui a crié à la violation du droit d'auteur, et qui n'a jamais vraiment trop considéré que copier un CD sur son ordinateur pour le lire dans son iPod relevait du même problème ? Eh bien que celui-ci soit lapidé en place publique, parce que le BookLiberator mérite mieux que cela.

Cette invention a été présentée durant le HOPE, ou Hackers on Planet Earth, une série de conférences qui se déroulent à New York, et dont la huitième édition vient de s'achever.

L'engin est simple : du bois, des vis, un peu de plexiglas et deux appareils photo numériques. Son fonctionnement est encore plus simple : l'électricité statique du plexiglas permet de tourner les pages quand on soulève le cadre, ce qui permet d'atteindre une vitesse de numérisation de 15 pages par minute. « Si vous avez un livre que vous souhaitez obtenir en version numérique, c'est probablement le meilleur moyen de le faire », expliquent James Vasile et Ian Sullivan, ses concepteurs.

Coût de fabrication de l'engin : 120 $, et 200 $ de plus pour les deux appareils photo, soit moins de 10 % du prix d'un engin spécialement conçu et vendu pour ce faire. Des dizaines de logiciels gratuits et Open Source existent pour rectifier par la suite les images, comme Ocropus.

Or, la question se pose : pourquoi acheter un livre, papier ou même numérique, s'il est possible d'en emprunter un à la bibliothèque et de le passer sous le BookLiberator ? Simple. Vasile, qui travaille la journée comme avocat pour le Software Freedom Law Center, explique que l'outil ne simplifie pas le piratage de livres. D'ailleurs, si l'on cherche un bouquin de Stephen King, il est sûrement déjà sur le réseau BitTorrent.


Non, BookLiberator n'est pas conçu pour pirater, mais plutôt pour permettre à des bibliothèques d'archiver leurs collections et d'aider des classes à numériser des ouvrages scolaires pour en simplifier l'usage. « Ce n'est pas moins légal qu'une photocopieuse ou un magnétoscope », précise Vasile.

Sauf que son idée, initialement connue sous le nom de BookRipper a été en partie financée par QuestionCopyright.org, un site qui n'hésite pas à remettre en question le droit d'auteur tel qu'il existe aujourd'hui. Et dont l'une des réponses favorites, à la question Est-ce que la copie d'une oeuvre protégée est illégale, reste : « Si je vole votre vélo, vous n'en avez maintenant plus. Si je copie votre chanson, nous en avons maintenant deux. »

Délicate attention. Les ayants droit apprécieront...

Le tutoriel de fabrication est accessible à cette adresse. Et la petite vidéo ne manque pas de panache...