LendInk, martyr pour la cause du prêt des livres numériques

Clément Solym - 10.08.2012

Lecture numérique - Usages - LendInk - prêt de livres numériques - Amazon Barnes & Noble


LendInk, comme son nom l'indique, ou plutôt l'indiquait, visait à faciliter le prêt de livres numériques entre particuliers, en les mettant en relation sur une plateforme du type réseau social, pour trouver celui ou celle qui avait les mêmes goûts littéraires que vous, et plus si affinités... Enfin, inutile de fantasmer : le site est désormais fermé, suite à un tollé général des auteurs, qui se sont plaints de piratage alors que LendInk était parfaitement légal, et respectueux de leurs droits...

 

Lend

(auteur : tanakawho)

 

Le site fonctionnait en effet en synchronisation quasi-parfaite avec Amazon et Barnes & Noble, sans pour autant leur être affilié : il faut savoir que les livres achetés sur ces deux plateformes, si leur auteur a validé cette fonction (Kindle Lending pour Amazon, Lendme pour B&N), peuvent être prêtés pour une durée de 14 jours à un utilisateur de son choix. Par exemple, un livre acheté sur un Kindle, si la fonction de prêt lui est associée, pourra être lu sur un autre appareil similaire, ou sur un PC, un iPad, via l'application Kindle. Ce prêt n'est possible qu'une seule et unique fois.

 

Étant donné que le web est tout de même très pratique pour cela, LendInk voulait mettre en relation un acheteur de la côte Est des États-Unis avec un lecteur curieux ou fauché de la côte Ouest, pour peu que leurs goûts littéraires s'accordent.

 

Mais, très vite, des dizaines, puis des centaines d'auteurs commencent à envoyer des courriers accusant le site de violation du copyright, et le menaçant des procédures judiciaires appropriées. « J'ai trouvé le fruit de mon travail ici et j'ai envoyé au site une lettre de mise en demeure, en leur donnant 48 heures pour enlever le fichier. Il enfreint le copyright et doit être fermé » écrit ainsi un auteur furax, tandis que les fils d'actu Twitter s'emballent...

 

« Nous n'avons jamais stocké un seul ebook sur nos serveurs, explique Dale Porter, ex-propriétaire de LendInk, et si le site est désormais fermé, c'est parce que notre hébergeur a été débordé sous les attaques haineuses et les menaces judiciaires. » Visiblement, la plupart des auteurs n'étaient même pas au courant de la fonction de prêt, activée par défaut sur les deux plateformes des distributeurs.

 

Pas de chance pour LendInk, un site à vocation faiblement commerciale (aucun profit n'a été réalisé avant sa fin), dont le but n'était finalement que la création d'un réseau de communication entre lecteurs... et potentiels acheteurs. C'est en tout cas un réseau parallèle aux grandes plateformes de distribution qui disparaît.