Les arnaques qui sévissent dans l'industrie du livre, “à couper le souffle”

Nicolas Gary - 31.07.2019

Lecture numérique - Législation - escroquerie livres - vente plagiat ouvrages - Amazon algorithmes


Il faut des coupables, et c’est dans la criminalité qui s’organise autour du commerce de livres qu’on les trouvera. Dans un intéressant plaidoyer, Douglas Preston, écrivain et président de l’Authors Guild, dénonce la multiplication d’escroqueries. Car elles nuisent fondamentalement aux lecteurs.

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Le revenu médian des auteurs américains a diminué de 42 % au cours des 10 dernières années. Et plus de la moitié des auteurs publiés perçoit, de ses écrits, un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Si le président de l’AG envisage plusieurs explications, l’une d’entre elles réside dans les escroqueries qui fleurissent.
 

La généralisation de livres pourris de l'intérieur


« La contrefaçon, l’usurpation d’identité de l’auteur, le clonage de titres, le piratage d’ebooks, le plagiat par copier-coller… » Dans un inventaire à la Prévert, Douglas Preston pointe les écueils, accusant Amazon, eBay ou Google d’en être les premiers promoteurs. « La variété et l’intelligence de ces arnaques sont à couper le souffle », reconnaît-il.

Si la contrefaçon est la plus évidente — le numérique entraînant une duplication plus simple que jamais — d’autres approches plus sournoises pointent le bout de leurs bits. Par exemple, les faux commentaires négatifs, qui biaisent les algorithmes de recherches. Et de prendre son propre exemple.

Ainsi, des années durant, un certain Preston Child a fait fureur — erreur tragique, puisqu’il s’agissait des livres que Douglas Preston coécrivait avec Lincoln Child. « Il a fallu plusieurs années à Amazon afin d’ajuster ses algorithmes pour distinguer “Preston Child” de “Preston & Child”. » Or, durant toute une demi-douzaine d’années, l’auteur inexistant se voyait attribuer des thrillers, en réalité fruit du travail des deux hommes. Pathétique.
 
Une autre difficulté, celle du clonage de titres, se heurte à un problème légal. « Vous ne pouvez généralement pas protéger un titre par copyright. » Or, les doublons de titres ont également été aggravés par les algorithmes, toujours chez Amazon. Ainsi, le roman The Lost City of the Monkey God s’est fait cannibaliser par Lost City of the Monkey God, autopublié et sorti 7 mois après. Même sujet, titre quasi identique… 
 

Imagination débordante et audace sans limite


L’affaire Nora Roberts est également devenue un cas d’école. La romancière a découvert qu’au Brésil, une personne systématisait le plagiat de ses livres, reproduisant de nombreux passages. Autrice de romances, Nora Roberts a vu ses propres textes, recomposés et réécrits, copiés, collés, pour produire de nouveaux livres, vendus sur Amazon. Elle a depuis choisi de porter plainte.

Évidemment, Amazon traîne la patte devant l’inventivité des escrocs. Si les efforts technologiques et l’intervention d’êtres humains permettent de corriger les problèmes après coup, rien n’assure encore qu’ils puissent être prévenus par anticipation. « Le marché des revendeurs, sur Amazon, ressemble à l’Ouest sauvage : vaste, difficile à contrôler, avec une multitude d’acteurs anonymes », souligne Preston. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Devinez de quelle(s) maison(s) il s'agit

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Or, nombre de ces arnaques violent le droit d’auteur, mais le Digital Millenium Copyright Act de 1998 exonère les plateformes de toute responsabilité. Il suffit en effet qu’elles suppriment, après signalement, les éléments contrevenants. Incombe alors à l’auteur et son éditeur la tâche de surveiller constamment le web, pour traquer les infractions.

Et bien qu’Amazon assure faire de son mieux pour intervenir rapidement, « cela ne suffit toujours pas. Il devrait mettre au point un système plus efficace pour contrecarrer les escroqueries », pointe-t-il. 
 
Et de conclure : « Pour inciter les vendeurs en ligne à améliorer leurs pratiques, la loi doit modifier la structure de la responsabilité, de sorte que la surveillance des infractions au droit d’auteur repose davantage sur les plateformes, et non sur des auteurs en difficulté, qui peuvent à peine gagner leur vie. »


Commentaires
Si Hadopi fonctionnait en France, ça se saurait...

Malheureusement, le plagiat est une pratique internationale, France y compris!

Les premières victimes sont les auteurs, galériens de l'écrit dans une époque corrompue.
Votre bd d'illustration semble montrer que vous êtes un peu dubitatfs...Pile quand les auteurs commencent (vraiment) à râler de ne pas gagner assez, pouf, on trouve un coupable, les plateformes de ventes et les plagiats...Pratique.



J'y crorais un peu plus si les contrats des auteurs étaient un peu plus généreux, les comptes un peu plus transparents. Si les auteurs ne devaient pas partager leur misérable pourcentage avec les illustrateurs. Si aucun auteur n'était en litige avec son éditeur pour recevoir ses droits, etc.

Là...Pour le moment, je reste persuadée que si les éditeurs traitaient correctement leurs auteurs, il y aurait beaucoup moins de problèmes pour eux.

Le plagiat vient assez loin derrière le contrat d'esclaves qu'ils sont obligés de signer.
Le copyright heureusement est américain et n'a pas lieu en France. Sinon perso. je suis contre le principe car ce n'est pas à la plateforme de vente de faire le boulot normal d'un éditeur ou d'une boite tiers. Sinon il y a un truc très simple, ils arrêtent d'utiliser cette ou ces plateformes pour vendre. Vous ne pouvez pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la cremière. Bon on a une exception en france ça s'appelle hadopi.
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