Les auteurs peuvent donner un visage aux oeuvres piratées

Clément Solym - 12.05.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - pirate - ecrivains - sympathie


À quoi bon dépenser de l'argent dans des campagnes de sensibilisation, ou des sommes folles pour traquer les fichiers, dans l'espoir - assez vain - de lutter contre le piratage ? C'est vrai : on ne se bat pas dans l'espoir du succès, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile...

Mais tout de même : les éditeurs disposent pour lutter contre la contrefaçon d'un capital sympathie énorme, alors pourquoi dépenser de l'argent ? Avec leurs auteurs, connus du public, appréciés par leur lectorat, les maisons disposent d'un « visage humain » à présenter au public et aux internautes, pour mieux les sensibiliser.


Or, avant de vouloir lutter, Huw Alexander, de la maison Sage, et directeur des ventes numériques s'interroge : l'impact du piratage n'est pas clairement défini. « Nous n'en connaissons pas la portée, les avis pris sont uniquement une fraction de ce qui existe et pour le moment, nous n'en sommes qu'à baser nos connaissances sur ce que nous voyons à travers des sites internet basés en Iran. »

C'est certain, avec ce genre d'information parcellaire, il est difficile d'avoir un regard pertinent.

Alison Jones, directrice numérique de Palgrave, également sollicitée dans le cadre du World eReading Congress, précise que chez eux, les sommes investies dans la lutte contre le piratage ne sont pas importantes, et « l'éradication de la piraterie ne fait pas partie de notre programme ».

Auteur, mon semblable, mon frère

D'autant que les auteurs s'attendent à ce que les livres soient contrefaits : c'est une tradition ancienne, qui s'appliquait déjà au papier, avant que le numérique ne s'impose. Bien sûr, ils préféreraient que ce ne soit pas le cas, et il revient à l'éditeur de faire en sorte que cela n'arrive pas.

C'est là qu'intervient Sara Lloyd, de Pan Mcmillan : « Vous êtes dans une position très délicate dans la bataille de la communication, si le message provient des éditeurs, puisqu'il peut apparaître comme corporate. Mais si nous parvenons à établir un aspect humain, parler de l'auteur, présenter le visage humain, qui a assemblé les pièces de ce travail, alors c'est la voie à suivre. »

Et comme en écho à la campagne que l'éditeur de manga Kaze a décidé de mettre en place, pour communiquer auprès des équipes de scantrad, Huw Alexander explique qu'une loi sur le copyright qui soit plus claire pourrait être efficace. Afin d'expliquer aux gens ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire.