Les aveugles se mobilisent pour le livre numérique

Clément Solym - 26.10.2012

Lecture numérique - Législation - Free Library of Philadelphia - Nook - Kindle Fire


Décidément, les associations de défense de droits des aveugles ne chôment pas aux Etats-Unis. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils prennent la question de l'accès aux livres numériques très au sérieux. La NFB (National Federation of the Blind) vient de trouver un accord avec la Free Library of Philadelphia à la suite du procès lancé en mai par quatre clients soutenus par l'association.

 

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 Nook, Cem K. (iyiinsan)CC BY-NC-ND 2.

 

 

Ils s'estimaient lésés par rapport aux autres bibliophiles. En effet, la bibliothèque a lancé à la fin de l'année dernière un programme pilote (financé par l'État fédéral) qui permet aux usagers de plus de 50 ans d'emprunter des liseuses Nook Simple Touch avec des livres préchargés pour une durée de deux semaines. Et cela, pour permettre à cette tranche d'âge de se familiariser avec cette nouvelle manière de lire, dixit le site officiel.

 

Oui, mais voilà les liseuses en question n'étaient pas équipées de la fonction « text to speech » qui permet aux aveugles et aux malvoyants de pouvoir pleinement apprécier le livre en question. Ce qui allait à l'encontre des lois en faveur des aveugles.

 

L'accord entre les deux parties a conduit la bibliothèque à annoncer la mise en circulation de 10 liseuses équipées convenablement, en plus des 60 Nooks déjà disponibles. La bibliothèque s'engage à rendre une grande partie de ses livres électroniques accessibles aux aveugles et aux malvoyants d'ici 4 ans.

 

Cette affaire judiciaire pourrait sembler tout à fait anecdotique. Toutefois, comme le rappelle la NFB les nouvelles technologies si elles sont maintenant à la portée du plus grand nombre restent inadaptées aux personnes aveugles. Toujours selon l'association le seul appareil en vente qui permette un accès adéquat aux contenus est l'iPad. Or, comme chacun sait, celui-ci est le plus onéreux. 

 

Le Kindle Fire vient seulement d'adapter son système à cette partie de ses clients, la version lancée en 2011 ne disposant pas d'une fonction « text to speech » intégrée.

 

Il faut se souvenir que la fonctionnalité Text-to-Speech avait posé un sérieux problème dans les universités américaines, chargées de devenir les projets pilotes dans l'introduction du Kindle. Désactivée pour cause de violation du droit de quelque chose, sur injonction des éditeurs, Amazon s'était retrouvé Gros-Jean comme devant, accusé alors de discriminer les aveugles.