Les clients chinois toujours aussi peu intéressés par l'ebook

Cécile Mazin - 19.07.2013

Lecture numérique - Usages - Chine - consommateurs chinois - livres numériques


L'information est encore confirmée, et les différentes études menées auprès des consommateurs chinois ne démord pas : ces derniers ne veulent toujours pas payer pour acheter des livres numériques. Beijing Open Book, société de services pour l'industrie du détail, dans le livre, a sondé 8048 personnes pour se faire une idée des habitudes de lecture. 

 

 

Kindle 2: Standby

bfishadow, CC BY 2.0

 

 

Et les résultats ne diffèrent pas des précédentes enquêtes menées : 3561 personnes ont été interrogées en magasin, contre 4487 sur internet. En 2010, la firme avait lancé un premier coup de sonde et découvert que pour une personne qui avait acheté un livre numérique, trois autres n'avaient pas déboursé un centime. Et trois ans plus tard, la proportion reste absolument inchangée. 

 

De plus, les personnes sollicitées en librairie démontrent qu'elles sont sept fois plus nombreuses à n'avoir jamais payé pour un ebook, une proportion bien plus élevée qu'en 2010. 

 

Cependant, les librairies en ligne, elles, sont devenues des espaces plus attractifs pour les consommateurs, et 21,2 % des usagers de librairies physiques se servent tout de même de ces boutiques en ligne. Et même, y ont recours comme première source d'achat de livres cette année, contre seulement 10 % des personnes interrogées en 2010.

 

Au cours des dernières années, la concurrence entre librairies physiques et boutiques en ligne s'est intensifiée, les premières tentant de lutter contre la cannibalisation de son activité, rapporte China.org. Toutefois, l'étude ne précise pas si les consommateurs refusent simplement de payer pour acheter des ebooks - et qu'ils recourent dans ce cas à une offre illégale - ou si le problème ne vient que du format qui ne les intéresse pas.

 

L'arrivée d'Amazon dans le pays n'a pas encore eu le temps nécessaire pour influencer les comportements des uns et des autres, mais la firme a déjà étendu ses ramifications. En proposant ses différents appareils et son environnement Kindle de vente, difficile de ne pas voir l'évolution pointer d'ici à quelques mois. 

 

Néanmoins, depuis plusieurs années, le pays souffre cruellement d'un manque de contenus pour alimenter les ebookstores locaux qui se sont créés. C'était la conclusion d'un rapport du cabinet Analysis International, qui apportait pour preuve la chute de 5,1 % des ventes de lecteurs de livres numériques sur l'ensemble du pays au cours du troisième trimestre 2011. Et depuis décembre 2011, si l'on annonçait l'arrivée d'Amazon, rien n'avait encore pu se faire. 

 

« Bien qu'un grand nombre de lecteurs ne soit pas habitué à payer pour des livres numériques, la demande croissante ainsi que les orientations politiques, associées à une réglementation adaptée, contribueront à motiver cette habitude », assurait Yu Dianli, directeur général de Commercial Press.