Les comportements des Français dans l'internet mobile

Nicolas Gary - 28.11.2015

Lecture numérique - Usages - internet mobile - Français comportement - smartphone tablette


L’évolution des pratiques vers une mobilité toujours plus connectée se retrouve dans les résultats de l’enquête que l’ARCEP a présentée. Réalisée par le CREDOC depuis 2000, cette analyse indique en tout premier lieu que l’équipement internet à la maison dépasse celui en ordinateur. Et dans le même temps, smartphone et tablettes continuent de s’envoler. 

 

Close up of smartphone in hand

japanexperterna.se, CC BY SA 2.0

 

 

Si 35 % de la population dispose d’une tablette et plus de 50 % des Français sont équipés d’un smartphone, on le comprend : la data est en train d’exploser dans les demandes. Les usages restent prioritairement ceux de la navigation web, le téléchargement d’applications ou la géolocalisation de lieux pour sortir. Les solutions de messageries instantanées types WhatsApp font également 25 % d’adeptes.

 

Pour revenir au Web, on découvre donc que la téléphonie mobile a dépassé pour la première fois la téléphonie fixe. Ce qui semble également aller de pair avec l’idée que 84 % des Français sont devenus des internautes. Avec ce détail : la totalité des 12-17 ans sollicités sont connectés, et 94 % des 18-24 ans. 

 

Pour rester dans les usages, voici ce que l’étude retient :

 

51 % des Français écoutent ou téléchargent de la musique sur internet ;

35 % regardent ou téléchargent des films, des vidéos ou des séries ; 

37 % regardent la télévision sur internet, en direct ou en rattrapage ; 

52 % participent aux réseaux sociaux. « Parmi les adeptes des réseaux sociaux, la part de ceux qui s’informent sur l’actualité par ce canal a bondi de 17 points entre 2012 et 2015. »

 

La tendance répond également à la cannibalisation des contenus par Facebook : le réseau a même signé avec des partenaires médias français la publication directe d’articles sur son interface – et plus de partages depuis un site extérieur.

 

Alex Fernández, fondateur de 24Symbols, y lisait un signe des temps : « La conclusion, comme nous le savons tous, c’est que le client a toujours raison, alors écoutons-le. Fournissons des lectures aux clients, là où ils souhaitent lire, pas dans les espaces où ils ne le veulent pas, et proposons-leur de lire où et quand ils le souhaitent, pas en pensant à leur place. » Eh bien justement, l'étude du CREDOC n'exclut certainement les usages de lecture numérique.

 

 

28 % des Français attiré par le livre numérique

 

L'ebook n’est pas oublié, tant s’en faut. « En quatre ans, la proportion de lecteurs de livres numériques a doublé, passant de 4 % à 8 %. Ce sont désormais 28 % des Français qui lisent ou sont prêts à lire des livres de ce format (+8 points). »

 

Attirance, certes, et une défiance qui décroît : « En 2011, 80 % des enquêtés déclaraient ne jamais vouloir lire de livres au format numérique. S’ils restent 72 % à défendre cette position en 2015, l’idée de lire à l’avenir sur un support numérique a progressé : 20 % des personnes interrogées l’envisagent en 2015 contre 16 % en 2011. »

 

Les 25-39 ans sont les plus gros lecteurs de livres numériques : 13 % affirment en lire. « Les 12-24 ans, bien que ne comptant qu’un faible nombre de lecteurs, se montrent particulièrement intéressés par cet objet numérique » : 30 % des 12-17 s'y intéressent, dans la même veine qu'en 2011..

 

« Les 18-24 ans sont, en 2015, aussi nombreux que les 12-17 ans à déclarer qu’ils liront un livre numérique dans le futur (30 %). » En revanche, ils s'y montraient nettement plus hostiles ou résistants en 2011. L'évolution des mentalité est étonnante sur ce point. Seuls 19 % de la tranche d'âge envisageait que l'ebook puisse l'intéresser.

 

Du côté des sexagénaires 90 % affirmaient qu’ils n’y toucheraient pas en 2011, contre 78 % en 2015. « En lien avec le jeune âge des lecteurs de livres numériques, ce type de lecture concerne davantage les personnes toujours en cours d’études (13 %).

 

Ces derniers s’avèrent en outre plus enthousiastes à l’idée de lire de cette manière (30 % indiquent qu’ils le feront à l’avenir). Le diplôme est un autre facteur important. Les lecteurs de livres numériques sont en moyenne davantage diplômés : 14 % des diplômés du supérieur lisent sur ce format contre 4 % des titulaires d’un BEPC »

 

On se plaira désormais à relativiser, si c’était encore nécessaire, le désamour des Français pour l’ebook.