Les croyances et usages du numérique dans les courants religieux

Antoine Oury - 19.07.2013

Lecture numérique - Usages - pratique numérique - religion - chrétiens


Le groupe Barna, avec son étude récente sur les habitudes de lecture des chrétiens, rappelle que les textes sacrés font eux aussi partie d'un business, qui pèse pour plusieurs millions $ de l'autre côté de l'Atlantique. 1116 études en ligne permettent d'en savoir un peu plus sur cette part de la population américaine, et la façon dont elle se penche sur les ouvrages, ou les pirate...

 

 

Bible-phone

Etenil, CC BY-SA 2.0

 

 

Il fallait bien des Américains pour produire une étude aussi précise, avec des résultats comme le taux d'adoption des lecteurs ebook chez les pasteurs, passés d'après Barna de 14 à 44 % entre 2010 et 2012. Du côté des laïques, les lecteurs d'ebooks seraient majoritairement âgés entre 29 et 47 ans, et gagneraient aux alentours de 60.000 $, et surtout des femmes. 

 

L'étude note également que les lecteurs se revendiquant de religion chrétienne ont tendance à acheter en magasin, surtout la tranche des fidèles âgés de 30 à 67 ans. Et c'est cette même catégorie qui se procure d'abord un lecteur ebook, le numérique impliquant pour eux un plus grand nombre de lectures.

 

L'église apparaît d'ailleurs comme un lieu de prescription : 9 pasteurs sur 10 auraient ainsi fait référence à un livre au cours de leur sermon, et 1/3 des fidèles auraient jugé la recommandation suffisamment pertinente pour se procurer le livre en librairie. Comme pour le reste de la population, on constate que les réseaux sociaux ne sont pas si incontournables...

 

Il sera possible de se procurer l'enquête complète... pour 200 $.

 

Sur la question du piratage, la position des leaders religieux devrait être sans appel, les différentes injonctions interdisant le vol condamnant indirectement le partage non autorisé des fichiers. Pourtant, la période du ramadan voit une augmentation de 30 % de ce type de consommation culturelle... L'Ayatollah Sistani, interrogé par Torrent Freak, rappelle néanmoins que « les droits doivent être respectés. Il n'est pas permis de copier un produit si cela va contre la loi ». 

 

Zakir Abdul Karim Naik, un prêcheur indien, est plus nuancé : pour lui, le piratage n'est pas contraire à l'Islam si « le logiciel n'est pas disponible à la vente dans le pays, et si l'intention qui motive ce piratage n'est pas l'économie d'argent, mais la volonté de diffuser le savoir ». En somme, la religion autorise une sorte de partage non-commercial, sous certaines conditions. Mais la loi, elle, est implacable : en Jordanie, où l'Islam est religion d'État, les infractions au copyright peuvent valoir entre 3 mois et 3 ans d'emprisonnement...