Les éditeurs se cherchent encore sur le livre numérique

Clément Solym - 03.12.2011

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La transition numérique se joue quotidiennement. Après l'industrie de la musique et du cinéma, c'est donc au livre d'entrer dans l'ère de la dématérialisation. Une commercialisation qui se passe de librairies physiques, pour n'avoir de plain-pied que sur internet. Une vraie jungle.

Les maisons sont toutefois parvenues, ici, comme ailleurs, à conserver la main sur le prix de vente de leurs ouvrages numériques. Et si l'on trouve un jour prochain des ebooks à 99 cents, comme la musique sur iTunes, tout porte à croire qu'il s'agira d'une expérimentation commerciale.

Sollicités par Reuters, les groupes Penguin et Hachette ont tous deux assuré que le numérique représenterait une source de revenus croissante, et leur permettraient d'atteindre un public plus large de lecteurs, bien qu'ils ne sachent pas encore comment vendre des ‘extras' numériques aux clients.

La dernière expérience de Penguin, ce fut avec Orgueil et Préjugés, de Jane Austen, dans une version proposant des extraits du film de Keira Knightley, avec en plus des recettes de cuisine et des mouvements de danse, en vidéo. Mais la mayonnaise n'a pas pris : ce type de contenu additionnel pour l'ouvrage n'a pas été commercialement réussi.

En parallèle, plusieurs classiques, comme Alice et son pays des merveilles, ont subi des liftings qui leur ont donné une nouvelle jeunesse. Arnaud Nourry, PDG de Hachette, convient que les lecteurs ne sont pourtant pas aujourd'hui à la recherche de contenus enrichis. « Je ne pense pas que nous aurions vendu plus de Dan Brown avec des recettes de cuisine », explique-t-il très sérieusement. Enfin... sérieux...

Outre-Atlantique, le commerce du livre numérique représente maintenant 25 % des ventes en volume et 20 % en recette. Pour le Royaume-Uni, on parlerait plus de 10 % - tandis que le reste du monde n'a pas encore vu le marché décoller ou que l'Europe est en moyenne autour de 1 %. Le début du début, certes, tant pour l'offre que les créateurs de demain, ou même les aventures éditoriales qui restent à envisager.

 

Pour la France, Arnaud Nourry envisageait que le marché décollerait sensiblement à partir du 1er semestre 2012, et que l'on verrait alors à cette période l'essor de ce secteur.


Une commercialisation qui aura connu ces dernières années des couacs assez somptueux, avec Amazon, devenu l'acteur incontournable de la vente, et leader sur le marché du livre, pour l'instant uniquement aux États-Unis. Penguin comme Hachette ont aujourd'hui des positions plus souples vis-à-vis du marchand, mais également parce que ce dernier produit des résultats très appréciables, et qu'il a su s'adapter aux nécessités des maisons.

Reste que cette idée de bibliothèque, qui a dernièrement été lancée, ne parvient pas à convaincre les grands groupes étasuniens.  « Ce n'est pas que je sois contre les bibliothèques, ni qu'un livre soit vendu et ensuite lu par 10 personnes différentes, mais c'est clairement un moyen inventé par les détaillants pour changer l'équilibre des pouvoirs », explique Arnaud Nourry. Et même son de cloche pour Penguin, qui n'est absolument pas prêt à faire confiance, d'un point de vue sécuritaire, à Amazon, en lui confiant ses fichiers.

 

 

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